Sophie Gay,
Physiologie du ridicule
(1833)
“ Semblable à la vertu qui s’enrichit par des sacrifices, à la religion, qui met l’outrage et les humiliations au nombre des voluptés chrétiennes, le ridicule fait la joie de tout le monde et le bonheur de ceux qui en sont doués ; la gaieté qu’il inspire, toujours hypocrite, n’est jamais injurieuse, car le plaisir qu’il donne, comme tant d’autres plaisirs, a besoin du mystère ; il faut en cacher la cause, en rire furtivement, et flatter le ridicule pour s’en amuser encore et longtemps. Que de soins, de cajoleries, naissent du puissant intérêt de se conserver un sujet de médisance et de gaieté ! ”
