Résumé

Hippolyte-Adolphe Taine,  Notes sur Paris : vie et opinions de M. Frédéric Thomas Graindorge… (1867)

“ Ils vi vent pourtant, et
tout cela fait ensemble une civilisation brillante. Nous ressemblons à ces figurants, à ces actrices, à ces ouvreuses ; cela respire l'odeur du gaz, s'éclaire avec la rampe, fait de la nuit le jour, et l'ensemble est le plus beau de nos vingt théâtres.
Non pas pourtant tout à fait. Ces gens du quatrième siècle étaient usés; quoique consumés, nous vivons encore; même nous vivons trop. Notre Paris nous brûle, mais il nous allume; quelques-uns survivent et n'en sont que plus beaux. On m'a montré une loge d'hommes à la mode, lettrés, voyageurs ou viveurs.
”
Source : Gallica

Hippolyte-Adolphe Taine,  Notes sur Paris : vie et opinions de M. Frédéric Thomas Graindorge… (1867)

“ J'ai fini ma soirée dans un bal bourgeois. Le contraste est étrange.
Au quatrième étage, rue de Greffulhe, chez un chef de bureau, quinze mille francs à dépenser par an; l'étage est haut comme un entresol.
Dans ce monde-là, les femmes ne sont pas des femmes; elles n'ont pas de mains, mais des pattes, un air grognon, vulgaire, une demi-toilette, des rubans qui jurent. On ne sait pas pourquoi, mais on a les yeux choqués et comme salis. Les gestes sont anguleux, la grâce manque. On sent des machines de travail, rien de plus.
”
Source : Gallica

Hippolyte-Adolphe Taine,  Notes sur Paris : vie et opinions de M. Frédéric Thomas Graindorge… (1867)

“ On n'a pas besoin de les admirer, ils ne sont pas là pour représenter; ils ne vous parlent point de vanité comme les étagères et les brinborions d'une femme à la mode ; leurs couleurs passées n'attirent point l'œil ; ils s'effacent et servent en bons domestiques. Je suis dans le grand fauteuil vert à dossier et à rebords, et je n'ai pas besoin d'applaudir, de chercher un compliment neuf; je puis me laisser
aller, ouvrir la porte à l'être intime, délicat, que chacun cache en soi-même, permettre qu'il s'échappe et s'envole sans crainte d'être rabattu et froissé par terre.
”
Source : Gallica

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