Jules de Goncourt,
La femme au XVIIIe siècle (Nouvelle édition…
(1882)
“ « Tous les vivants m'ennuient 1. La vie m'ennuie » Il en est qui arrivent à envier les arbres, parce qu'ils ne sentent pas l'ennui (1) . Et la grande épistolaire du temps, Mme du Deffand, sera le grand écrivain de l'ennui. Cet ennui du cœur et de l'esprit réagissait sur le corps de la femme. Il lui donnait une souffrance, une faiblesse, une langueur, une sorte de tristesse et d'atonie physiques, le malaise sourd que le temps appela de ce mot vague les vapeurs. « Les vapeurs, c'est l'ennui, » dit Mme d'Épinay. De ce mal, le dixhuitième siècle n'apprécia guère que le ridicule. ”
