Jules de Goncourt

Élements biographiques

Portrait de Jules de Goncourt Jules de Goncourt Germinie Lacerteux

Il y avait du déchirement et de l’imploration dans ces caresses, dans ces baisers de Germinie. La mort qu’elle avait entendue venir à elle comme une personne, avec le pas de quelqu’un, ces heures de défaillance où, dans le lit, seule avec elle-même, elle avait revu sa vie et remonté son passé, le ressouvenir et la honte de tout ce qu’elle avait caché à Mlle de Varandeuil, la terreur d’un jugement de Dieu se levant du fond de ses anciennes idées de religion, tous les reproches, toutes les peurs qui se penchent à l’oreille d’une agonie, avaient fait dans sa conscience une suprême épouvante
Source : Wikisource

Portrait de Jules de Goncourt Jules de Goncourt L'art du XVIIIe siècle. Série 3 (1881-1882)

L'amour, toujours l'amour! Prenez un peu plus bas le poème du peintre, juste entre ciel et terre, entre le RÊVE D'AMOUR et LE SERMENT D'AMOUR, ce qu'il chante c'est LE BAISER DANGEREUX, LE BAISER AMOUREUX, LE BAISER A LA DÉROBÉE. Tous les baisers, morts chez Dorât, vivent chez Fragonard. Deux têtes qui se penchent, deux lèvres qui se rencontrent, il lui suffit de jeter cela sur une toile pour trouver un tableau. Thème toujours charmant, et d'un dessin qui renaît sous ses doigts! Il le varie, il le retourne, le caresse, il fait de ces deux bouches qui se cherchent deux âmes qui s'approchent.
Source : Gallica

Portrait de Jules de Goncourt Jules de Goncourt Germinie Lacerteux (1875-1892)

Germinie ouvrit tout grands des yeux de feu, sans lui répondre, et jusqu'au dîner elle demeura dans la même pose, le même silence, la même torpeur, tâtonnant autour d'elle les places où n'avait point encore posé la fièvre de ses mains.
– Dédèle ! dit une voix de femme, chante-nous quelque chose.
– Ah ! répondit Adèle, je n'ai pas le vent avant manger. »
Tout à coup un gros pavé, lancé en l'air, tomba à côté de Germinie, près de sa tête ; en même temps elle entendit la voix du peintre qui lui criait : « As pas peur ! c'est votre chaise. »
Chacun mit son mouchoir par terre en guise de nappe.
Source : Gallica

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