Jules de Goncourt

Jules de Goncourt

Résumé

Portrait de Jules de Goncourt Jules de Goncourt L'art du XVIIIe siècle. Série 3 (1881-1882)

L'amour, toujours l'amour! Prenez un peu plus bas le poème du peintre, juste entre ciel et terre, entre le RÊVE D'AMOUR et LE SERMENT D'AMOUR, ce qu'il chante c'est LE BAISER DANGEREUX, LE BAISER AMOUREUX, LE BAISER A LA DÉROBÉE. Tous les baisers, morts chez Dorât, vivent chez Fragonard. Deux têtes qui se penchent, deux lèvres qui se rencontrent, il lui suffit de jeter cela sur une toile pour trouver un tableau. Thème toujours charmant, et d'un dessin qui renaît sous ses doigts! Il le varie, il le retourne, le caresse, il fait de ces deux bouches qui se cherchent deux âmes qui s'approchent.
Source : Gallica

Portrait de Jules de Goncourt Jules de Goncourt L'art du XVIIIe siècle. Série 3 (1881-1882)

C'est le roman qui vit et prend corps sous le crayon de l'artiste. Le je ne sais quoi de tendre qui s'en exhale, au milieu des sécheresses du temps, le grand cri de la sensibilité nouvelle qui en sort a comme son écho dans les planches émues, dans les pantomimes passionnées du dessinateur, dans les émotions des bouches entr'ouvertes de femmes, dans ces figures à sentiment, ces gestes qui parlent, ces regards profonds, ces têtes pénétrées. Moreau semble avoir, au bout de son crayon, l'âme et la flamme de ces pages inspirées, et ce qui brûle dans le livre, brûle aussi dans ses gravures.
Source : Gallica

Portrait de Jules de Goncourt Jules de Goncourt L'art du XVIIIe siècle. Série 3 (1881-1882)

Du Verrou, M. Walferdin possède un dessin d'une pâleur délicieuse.
Et ne faut-il pas chercher Fragonard jusque-là?
Là est blotti son génie. C'est le nid du peintre et le rendez-vous de ses pinceaux. Le lit, — n'est-ce pas pour lui la scène délicieuse de la femme, le théâtre adoré, le trône douillet de son corps ? Il le trahit, il le reflète en tableaux toujours nouveaux dont il encadre l'ovale dans le cercle de fleurs d'un miroir d'alcôve. Il fait jouer dessus ce que le XVIIIe siècle appelait « ses gaietés » ; il lâche et fait envoler à son ciel l'essaim de ses Cupidons.
Source : Gallica

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