Germinie Lacerteux

Définition et enjeux

Portrait de Edmond de Goncourt Edmond de Goncourt Germinie Lacerteux

Elle était forte à le tuer ! et elle allait au lit, à elle ! Elle lui prenait le bras, elle lui disait : Oui, c’est moi... en voilà pour ta vie ! Et sur sa figure, sur sa gorge, sur sa peau, sur tout ce qu’elle avait de jeune et d’orgueilleux, de beau pour l’amour, Germinie voyait le vitriol marquer, brûler, creuser, bouillonner, faire quelque chose d’horrible qui l’inondait de joie ! La bouteille était vide, et elle riait !... Et, dans son affreux rêve, son corps aussi rêvant, ses pieds se mirent à marcher. Son pas alla devant elle, descendit le passage, prit la rue, la mena chez un épicier.
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Portrait de Jules de Goncourt Jules de Goncourt Germinie Lacerteux

Lorsque la petite Germinie Lacerteux était arrivée à Paris, n’ayant pas encore quinze ans, ses sœurs, pressées de lui voir gagner sa vie et de lui mettre son pain à la main, l’avaient placée dans un petit café du boulevard où elle servait à la fois de femme de chambre à la maîtresse du café et d’aide aux garçons pour les gros ouvrages de l’établissement. L’enfant, sortie de son village et tombée là brusquement, se trouva dépaysée, tout effarouchée dans cette place, dans ce service.
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Portrait de Jules de Goncourt Jules de Goncourt Germinie Lacerteux (1875-1892)

Depuis trois ou quatre jours, Germinie n'avait point rencontré Jupillon. Elle vint l'épier, le chercher près de son logement. Arrivée à sa rue, elle vit
de loin une large raie de lumière filtrant par son volet fermé. Elle approcha et entendit des éclats de rire, des chocs de verre, des femmes, puis une chanson, une voix, une femme, celle qu'elle haïssait avec toutes les haines de son coeur, celle qu'elle eût voulu voir morte, celle dont elle avait tant de fois cherché la mort dans les lignes du sort, elle enfin – sa cousine !
Source : Gallica

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