Valérie Feuillet

Résumé

Valérie Feuillet Quelques années de ma vie (1908)

La mort était là , à mes côtés , et cette mort qui me faisait libre , tout en me remplissant d' une respectueuse terreur , me jetait dans de poétiques rêveries . Ma pensée cherchait dans le ciel semé d' étoiles , l' avenir qui m' était réservé ; j' y voyais une vie nouvelle , une jeunesse triomphante , une gloire dont je jouirais sans entraves . Je me voyais pour jamais dans ce beau Paris avec un mari sans esclavage , se donnant entièrement à son talent et à moi .
Source : Gallica

Valérie Feuillet Quelques années de ma vie (1908)

Les matinées me semblent assez douces . Ce temps magnifique me prépare chaque matin un joli réveil . Je me lève à sept heures , je fais ma toilette en sifflant et en chantant comme un gaillard . Je vais à la bibliothèque de huit heures à dix heures . Je lis , j' écris , je range . Je mets le nez à la fenêtre et je plonge un regard curieux dans ces beaux jardins de Diane qui ressemblent aux jardins de Trianon . Cela est riant , singulier , poétique . Puis , je vais déjeuner , et je viens m' enfermer
enfermer dans le grand appartement , en tête à tête avec ta lettre que je lis deux fois .
Source : Gallica

Valérie Feuillet Quelques années de ma vie (1908)

Je ne savais pas à quel hôtel nous descendions et je dus m' asseoir sur mes bagages en attendant le retour de mon mari . Le cœur me battit fort pendant cette halte , et je dois dire que dans mon abandon je pleurai comme une enfant . Ma douleur et mon étrange situation attirèrent l' attention de trois officiers allemands qui sortaient d' un café et passaient sur le quai . L' un d' eux m' offrit galamment un gîte , ce qui lui valut un coup de parapluie . Pendant cela , mon mari revenait vers moi au galop , un peu honteux de son oubli et les nerfs calmés .
Source : Gallica

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