Jacques Boulenger

Résumé

Jacques Boulenger Les Tuileries sous le second Empire… (1932)

L' été était étouffant . Paris était morne . Le 1 5 août , jour de la fête de l' Empereur , fut lugubre . Aux Tuileries , on n' avait pas eu le loisir d' ôter les housses de toile que , chaque année , les tapissiers posaient sur les meubles pour l' été , et les grands salons gris et glacés étaient d' une tristesse navrante , avec leurs cheminées vides . Dans les appartements de l' Impératrice les
bibelots étaient en place , mais les tentures de soie restaient encore couvertes de la perse à bouquets mauves dont on les voilait pour les protéger en l' absence de la souveraine .
Source : Gallica

Jacques Boulenger Les Tuileries sous le second Empire… (1932)

Comme on passait devant la Cascade , il vit tout à coup un homme qui levait un bras armé d' un pistolet : sans hésiter il éperonna sa monture pour couvrir le Tzar et c' est son cheval qui reçut la balle dans la tête . Napoléon , avec son sang-froid inaltérable , se leva en criant à la foule pour la rassurer : « Personne n' est blessé ! » et embrassa le Tzar , ce que firent aussi le tzarévitch et le grand-duc . Le soir , l' empereur de Russie voulut paraître au bal de son ambassade , mais il garda un léger ressentiment contre Napoléon de cet attentat .
Source : Gallica

Jacques Boulenger Les Tuileries sous le second Empire… (1932)

Dans la salle des Maréchaux , cependant , un grand silence s' établit : les portes du salon du Premier Consul viennent de s' ouvrir et le chef des huissiers annonce : « L' Empereur ! » L' orchestre entame une marche , tout le monde se lève et les souverains font leur entrée accompagnés de leur cortège ordinaire et des princes et princesses . L' Empereur porte l' uniforme de général de division qui lui va mieux que l' habit de Cour : culotté de casimir blanc comme ses bas , et chaussé de souliers à boucle , il donne le bras à la reine Marie-Christine , et non à l' Impératrice , ce soir-là .
Source : Gallica

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