Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand

Résumé

Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand Le château (2e édition) (1880)

Elle avait été si superbe, si triomphante, l'entrée de Marie-Louise aux Tuileries ! Et la sortie, comme elle est triste!
Il y a quatre ans, c'était une apothéose. Aujourd'hui c'est un cortège funèbre, c'est la mort, c'est le deuil, c'est le convoi d'un empire. Les voitures défilent avec lenteur, comme si l'on espérait qu'un contre-ordre peut encore arriver par le guichet du Pont-Royal. Qui sait? Si l'idée venait à quelqu'un de couper les traits des chevaux, l'impératrice ne partirait pas. Mais non; l'arrêt de la destinée est irrévocable. Marie-Louise a quitté les Tuileries.
Source : Gallica

Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand Le château (2e édition) (1880)

Le spectacle n'en est pas moins grandiose, parce qu'il y a quelque chose qui vaut mieux que le luxe, il y a la gloire. On a loué très cher des fenêtres sur la place du Carrousel, pour voir cette entrée du premier consul et de son gouvernement aux Tuileries.
Bonaparte n'a que trente ans, et la foule qui l'acclame s'étonne qu'on puisse être à la fois si jeune et si célèbre. Cette jeunesse du favori de la victoire a rajeuni la France elle-même. Un rayonnement d'aurore illumine l'horizon. Tout est entrain, confiance, orgueil. La grande nation se
croit invincible.
Source : Gallica

Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand Le château (2e édition) (1880)

Ces Tuileries, que la superstitieuse Catherine de Médicis n'avait pas tort de redouter, n'étaient plus que l'antichambre de l'échafaud. La famille royale, enfermée dans ce lieu sinistre, y étouffait comme un oiseau privé d'air. Le flot de la révolution entourait et battait sans cesse ce palais de l'humiliation et de la douleur. Hélas ! où était-il le temps où le jeune Louis XIV, en empereur romain, couvert des diamants de la couronne, présidait si fièrement la fête équestre du Carrousel ? Qu'était devenu le prestige, la force de la royauté ?
Source : Gallica

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