“ OTHELLO.—Je crois que c'était lui.DESDÉMONA.—Vous voilà de retour, mon seigneur? Je m'entretenais ici avec un suppliant, un homme qui languit sous le poids de votre déplaisir.OTHELLO.—De qui voulez-vous parler?DESDÉMONA.—Eh! de Cassio, votre lieutenant. Mon cher seigneur, si j'ai quelque attrait à vos yeux, quelque pouvoir de vous toucher, réconciliez-vous tout de suite avec lui; car si ce n'est pas un homme qui vous aime de bonne foi, qui ne s'est égaré que par ignorance et sans dessein, je ne me connais pas à l'honnêteté d'un visage. ”
Othello
Définition et enjeux
Othello, tragédie shakespearienne par excellence, explore la dégradation de l’homme par la jalousie et la manipulation. Si Shakespeare y fait d’Othello un héros déchiré entre honneur et passion, des critiques comme Victor Hugo soulignent la tension entre son apparence noble et sa fragilité intérieure.
Alfred de Musset, quant à lui, distingue la version shakespearienne d’une adaptation opératique, mettant en avant le destin. Ces approches, mêlant texte et interprétations, révèlent une œuvre où les forces humaines et sociales s’affrontent avec une acuité éternelle.
Citations sur “Othello”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Ce n’est pas seulement l’homme extérieur que la critique a généralement méconnu dans Othello, c’est l’homme intérieur. Physiquement, elle a vu en lui un nègre ; moralement, elle a fait de lui un barbare à demi civilisé. « Nous reconnaissons dans Othello une sauvage nature apprivoisée seulement en apparence... Le More semble noble, franc, confiant, reconnaissant de l’amour qui lui est témoigné ; mais la simple force physique de la passion dissipe en un moment toutes ces vertus acquises, et fait dominer en lui le sauvage sur l’homme moral. » ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ C’est un vaillant dont l’âme est mieux trempée que son épée : il a coudoyé la mort dans cent assauts, il a subi la servitude, il a, sans frémir, fait visite aux anthropophages, et voyagé dans ces parages fantastiques où les hommes ont la forme des monstres. Certes, s’il est un mortel à l’épreuve de la jalousie, c’est Othello. Othello, jaloux ! ”
John Ruskin,
Les Lys du jardin de la reine
“ Dans ses pièces travaillées et parfaites, vous n’avez point de héros. Othello aurait pu en être un, si sa simplicité n’avait été grande à ce point de le laisser devenir la proie de toutes les basses machinations qui l’entourent ; mais il est l’unique exemple qui approche d’un type héroïque. ”
“ ÉMILIA.—A l'heure même, mon seigneur.OTHELLO.—C'est l'influence de la lune elle-même; elle s'approche de la terre plus que de coutume et rend les hommes fous.ÉMILIA.—Cassio, mon seigneur, a tué un jeune Vénitien nommé Roderigo.OTHELLO.—Roderigo tué!—Et Cassio tué?ÉMILIA.—Non, Cassio n'est pas tué.OTHELLO.—Cassio n'est pas tué? Le meurtre n'est plus d'accord, et la douce vengeance devient dure.DESDÉMONA.—Oh! injustement, injustement massacrée!ÉMILIA.—Hélas! quel est ce cri?OTHELLO.—Quoi! quel cri?ÉMILIA.—Hélas! bon Dieu! c'était la voix de ma maîtresse. Du secours! du secours! oh! ”
“ JAGO.—Quoi! encore, général? ne pensez plus à cela.OTHELLO.—Va-t'en; fuis; tu m'as mis sur la roue! Je jure qu'il vaut mieux être trompé tout à fait que d'en avoir seulement quelque soupçon.JAGO.—Comment, seigneur?OTHELLO.—Quel sentiment avais-je des heures de plaisir qu'elle dérobait? Aucun. Je n'en souffrais point; je dormais bien la nuit suivante; j'avais l'esprit libre et l'humeur gaie; je n'ai point trouvé les baisers de Cassio sur ses lèvres. Quand celui qu'on a volé ne s'aperçoit point de ce qui lui manque, s'il n'en sait rien, c'est comme s'il n'avait rien perdu. ”
Alfred de Musset,
Revue des Deux Mondes
“ L’Othello de Rossini n’est pas celui de Shakspeare. Dans la tragédie anglaise, maîtresse tragédie s’il en fut, la passion humaine conduit tout. Othello, brave, ouvert, généreux, est le jouet d’un traître subalterne qui l’empoisonne lentement. L’angélique pureté de Desdémone lutte, par sa seule douceur, contre tous les efforts d’Iago. Othello écoute, souffre, hésite, maltraite sa femme, puis fond en larmes ; il succombe enfin, dit à la fois adieu à la gloire et au bonheur, et frappe. Dans l’opéra, une fatalité terrible, inexorable, domine. ”
William Shakespeare,
Othello
(1623)
“ ÉMILIA, à Iago, montrant Othello. — Démens ce misérable, si tu es un homme ! — Il prétend que tu as dit que sa femme le trompait. — Je sais bien que tu ne l’as pas dit : tu n’es pas un tel misérable. — Parle, car mon cœur déborde. IAGO. — Je lui ai dit ce que je pensais ; et je ne lui ai rien dit — qu’il n’ait trouvé lui-même juste et vrai. ÉMILIA. — Mais lui avez-vous jamais dit qu’elle le trompait ? IAGO. — Oui. ÉMILIA. — Vous avez dit un mensonge, un odieux, un damné mensonge ! — Un mensonge, sur mon âme ! un infâme mensonge ! — Elle, le tromper ! avec Cassio !... ”
“ OTHELLO. — Certainement, les hommes devraient être ce qu’ils paraissent.IAGO. Eh bien, alors, — je pense que Cassio est un honnête homme.OTHELLO. — Non ! Il y a autre chose là-dessous. — Je t’en prie, dis-moi, comme à ta pensée même, — ce que tu rumines ; et exprime ce qu’il y a de pire dans tes idées — par ce que les mots ont de pire.IAGO. Mon bon seigneur, pardonnez-moi. — Je suis tenu envers vous à tous les actes de déférence, — mais je ne suis pas tenu à ce dont les esclaves mêmes sont exemptés. — Révéler mes pensées ! eh bien, supposez qu’elles soient viles et fausses... ”
William Shakespeare,
Othello
(1623)
“ Desdémona ! Morte ! — morte ! Oh ! oh ! oh ! Entrent Lodovico, Montano, Cassio, porté sur un brancard, puis des officiers conduisant sous escorte Iago prisonnier.LODOVICO. — Où est ce forcené ? où est ce malheureux ? OTHELLO. — Voici celui qui fut Othello : me voici. LODOVICO, cherchant Iago. — Et où est cette vipère ? Faites avancer ce scélérat ! OTHELLO, considérant Iago. — Je regarde ses pieds... Mais c’est une fable. — Si tu es un diable, je ne puis te tuer. Il blesse Iago.LODOVICO. — Arrachez-lui son épée. IAGO. Mon sang coule, monsieur ; mais je ne suis pas tué. ”
“ OTHELLO. — Iago, tu conspires contre ton ami, — si, croyant qu’on lui fait tort, tu laisses son oreille — étrangère à tes pensées.IAGO. Je vous en supplie !... — Voyez-vous, je puis être injuste dans mes suppositions ; — car, je le confesse, c’est une infirmité de ma nature — de flairer partout le mal ; et souvent ma jalousie — imagine des fautes qui ne sont pas... Je vous en conjure donc, — n’allez pas prendre avis d’un homme si hasardeux — dans ses conjectures, et vous créer un tourment — de ses observations vagues et incertaines. ”
“ Il se perce de son épée. LODOVICO. — Ô conclusion sanglante !GRATIANO. Toute parole serait perdue.OTHELLO, s’affaissant sur Desdémona. — Je t’ai embrassée avant de te tuer... Il ne me reste plus — qu’à mourir en me tuant sur un baiser !Il expire en l’embrassant.CASSIO. — Voilà ce que je craignais, mais je croyais qu’il n’avait pas d’arme ; — car il était grand de cœur !LODOVICO, à Iago. Ô limier de Sparte ! — plus féroce que l’angoisse, la faim ou la mer ! — Regarde le fardeau tragique de ce lit ! — Voilà ton œuvre !... Ce spectacle empoisonne la vue. — Qu’on le voile ! ”
William Shakespeare,
Othello
(1623)
“ OTHELLO. Je le souhaite de tout mon cœur, monsieur. LODOVICO. — Le doge et les sénateurs de Venise vous saluent. Il lui remet une dépêche.OTHELLO. — Je baise l’instrument de leur bon plaisir. Il ouvre la dépêche et lit.DESDÉMONA. — Et quoi de nouveau, mon bon cousin Lodovico ? IAGO, à Lodovico. — Je suis bien content de vous voir, signor. — Soyez le bienvenu à Chypre. LODOVICO. — Merci. Comment va le lieutenant Cassio ? IAGO. Il vit, monsieur. DESDÉMONA. — Cousin, il est survenu entre lui et monseigneur — une désagréable rupture ; mais vous arrangerez tout. ”
“ IAGO. — S’ils s’abstiennent, ce n’est qu’une faute vénielle. — Mais si je donne à ma femme un mouchoir...OTHELLO. — Eh bien, après ?IAGO. — Eh bien, il est à elle, monseigneur, et, comme il est à elle, — elle peut, je pense, en faire cadeau à n’importe quel homme.OTHELLO. — Elle est gardienne de son honneur aussi ; — peut-elle le donner ?IAGO. — L’honneur est une essence qui ne se voit pas ; — beaucoup semblent l’avoir, qui ne l’ont plus. — Mais pour le mouchoir... ”
“ Ce n'est plus un More, un officier, un enseigne, une femme, victime de la jalousie et de la trahison. C'est Othello, Cassio, Jago, Desdémona, êtres réels et vivants, qui ne ressemblent à aucun autre, qui se présentent en chair et en os devant le spectateur, enlacés tous dans les liens d'une situation commune, emportés tous par le même événement, mais ayant chacun sa nature personnelle, sa physionomie distincte, concourant chacun à l'effet général par des idées, des sentiments, des actes qui lui sont propres et qui découlent de son individualité. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Pour un Oriental comme Othello, le rêve, c’est le reflet même de la réalité ; le rêve, c’est une dénonciation. Dans les monarchies de l’Afrique et de l’Asie, un homme pouvait être mis à mort pour avoir rêvé qu’il tuait le sultan. À la rigueur donc, le songe raconté par l’enseigne suffirait pour qu’Othello crût Desdémona criminelle. Mais afin que la persuasion soit irrésistible, l’honnête Iago tient en réserve une preuve visible et palpable. Il affirme qu’il a vu le matin même Cassio s’essuyer la barbe avec certain mouchoir brodé de fraises. ”
Hippolyte Taine,
Nouvelle Étude sur Shakspeare, son génie et ses œuvres
“ D’Othello, qui, obsédé par l’image précise de l’adultère physique, crie à chaque parole d’Iago comme un homme sur la roue, qui, les nerfs endurcis par vingt ans de guerres et de naufrages, délire et s’évanouit de douleur, et qui, empoisonné par la jalousie, donne en spectacle les convulsions et la désorganisation de l’esprit ? ”
“ À Brabantio. Eh ! Noble signor, — s’il est vrai que la vertu a tout l’éclat de la beauté, — vous avez un gendre plus brillant qu’il n’est noir. PREMIER SÉNATEUR. — Adieu, brave More ! Rendez heureuse Desdémona.BRABANTIO. — Veille sur elle, More. Aie l’œil prompt à tout voir. — Elle a trompé son père ; elle pourrait bien te tromper.Le doge, les sénateurs et les officiers sortent. OTHELLO. — Ma vie, sur sa foi !... Honnête Iago, — il faut que je te laisse ma Desdémona ; — mets, je te prie, ta femme à son service, — et amène-les au premier moment favorable. ”
“ DESDÉMONA.—Que le ciel ne le permette pas! mais plutôt puissent notre amour et nos joies aller toujours croissant avec le nombre de nos jours!OTHELLO.—Exaucez son voeu, puissances célestes! Je ne saurais assez parler de mon bonheur: il m'étouffe. C'est trop de joie! Ah! que ce baiser, et cet autre encore... (Il l'embrasse) soient toute la dispute que jamais nos coeurs élèvent entre nous!JAGO, à part.—Oh! vous voilà à l'unisson: mais sur mon honneur je relâcherai les cordes qui font cette musique. ”
Eugène Sue,
La coucaratcha (I/III)
“ Et quand il entendit Crâo l'appeler et lui dire qu'on n'attendait plus qu'Othello, il regardait autour de lui d'un air stupide.—Othello... Quel Othello... disait-il?—Mais on n'attend plus que vous pour jouer... criait encore Crâo; descendez-donc, monsieur Marcel.—Pour jouer!... jouer quoi!... Ah oui!... je me souviens... je joue avec elle... je le lui ai promis au nom de son amour,—ajouta Marcel avec un rire amer.—Oui, je joue Othello.—Othello où j'amuse tant,—Othello où je suis si bouffon...—Othello le sauvage, le farouche Othello, si plaisant sous mes traits... Damnation! ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ En vain Othello, hagard, échevelé, bouleversé, essaye-t-il de se cramponner quelques minutes à l’honnêteté d’Iago : l’éclat de la lumière lui fait lâcher prise. Il reconnaît enfin la radieuse innocence de sa femme. Il s’était cru bourreau, il n’était qu’assassin. Dès qu’il s’est vu sous cet aspect, Othello ne peut plus vivre. Le meurtre de Desdémona est là qui crie vengeance, et Othello n’est pas homme à accorder un répit au meurtrier. Que lui parle-t-on des tribunaux de Venise ? Il trouve trop lentes les formalités de la juridiction sociale. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Elle constate le succès prolongé d’Othello ; elle analyse en quelque sorte l’émotion populaire, et nous indique quelques jeux de scène curieux que nous ignorions. Ainsi, il paraîtrait qu’Iago, tout en parlant à Othello, se plaçait derrière lui de telle sorte que le More ne pût voir son visage. C’était là comme un surcroît de précaution que l’enseigne prenait pour ne pas avoir à subir le regard inquisiteur de son général. — Il semblerait en outre que l’acteur chargé du principal rôle, loin d’atténuer l’horreur de la scène finale, l’exagérait au contraire en traînant Desdémona par les cheveux. ”
“ Sort Cassio. — Comment cela va-t-il, général ? Est-ce que vous ne vous êtes pas blessé à la tête ? OTHELLO. — Te moques-tu de moi ?IAGO. Me moquer de vous ! Non, par le ciel ! — Je voudrais seulement vous voir subir votre sort comme un homme.OTHELLO. Un homme qui porte cornes, n’est qu’un monstre et une bête.IAGO. — Il y a bien des bêtes alors dans une ville populeuse, — et bien des monstres civilisés.OTHELLO. — A-t-il avoué ?IAGO. Mon bon monsieur, soyez un homme. — Songez que tout confrère barbu, attelé à ce joug-là, — peut le traîner comme vous ”
William Shakespeare,
Othello
(1623)
“ CASSIO. Donc, c’est très bien : vous ne devez pas croire que je suis ivre. Il sort, en chancelant.MONTANO. À la plate-forme, mes maîtres ! Allons relever le poste. IAGO, à Montano. — Vous voyez ce garçon qui vient de sortir : — c’est un soldat digne d’être aux côtés de César — et fait pour commander. Eh bien, voyez son vice : — il fait avec sa vertu un équinoxe exact ; — l’un est égal à l’autre. C’est dommage. — J’ai bien peur, vu la confiance qu’Othello met en lui, qu’un jour — quelque accès de son infirmité — ne bouleverse cette île. ”
Louis Ganderax,
Revue des Deux Mondes
“ M. Taillade, sans doute, n’est pas l’homme de son rôle. Il n’a pas cette prestance, cet air de force et de gloire, cette carrure d’épaules et cette majesté d’allures qu’on prête au guerrier venu des pays du soleil pour commander les armées de la république de Venise. Si Othello n’a pas cette ampleur de poitrine, de voix et de geste, cette magnificence de toute la personne qui doit être sa beauté, Othello n’est plus Othello et Desdémone ne peut l’aimer. En amour comme en guerre, la noblesse triomphale de ce nègre pouvait imposer aux âmes ”
“ IAGO. Travaillez bien Desdémona, et vous êtes sûr de la chose.Bas. — Si l’affaire était au pouvoir de Bianca, haut.comme vous réussiriez vite !CASSIO, riant. Hélas ! la pauvre créature !OTHELLO, à part. — Voyez comme il rit déjà !IAGO. — Je n’ai jamais connu de femme aussi amoureuse d’un homme.CASSIO. Hélas ! pauvre coquine ! je crois vraiment qu’elle m’aime.OTHELLO, à part. — C’est cela : il s’en défend faiblement et il rit !IAGO. Écoutez, Cassio.Il lui parle à l’oreille.OTHELLO, à part. Voilà Iago qui le prie — de lui tout répéter : continue ! Bien dit ! bien dit ! ”
Victor Hugo,
Correspondance de Victor Hugo
“ Un orage terrible s’amoncelle sur moi, et la haine de tout ce bas journalisme est telle, qu’on ne me tient plus compte de rien. Othello a réussi cependant, non avec fureur, mais autant qu’il le pouvait, et grâce à nous. Ma conduite en cette occasion a tout à fait ramené Alfred de Vigny et nos shakespeariens ; cela du moins est un bien ; mais, à la caverne des journaux et dans l’antre des coulisses, une double cabale s’organise contre moi et ne fait que s’aiguiser sur Othello pour Hernani. Voilà où nous en sommes. Cela est bien triste comme vous voyez. On nous fait payer bien cher l’avenir. ”
Hippolyte Parigot, Parigot - Le Drame d’Alexandre Dumas…
“ Les « changements » s’accomplissent insensiblement ; on passe de la féerie à la vie même sans que jamais le passage cause la moindre peine ou surprise. C’est la plus étroite complicité de la fiction et du vrai. Il observe, comme il imagine, à fond, et dans l’espace. Il lui faut du champ. Le même regard aigu qui sonde le cœur d’Othello, embrasse l’humanité tout entière, y distingue les fibres les plus ténues et secrètes, qu’il analyse et recompose à son gré. ”
“ OTHELLO. — Donne-moi une preuve vivante qu’elle est déloyale.IAGO. — Je n’aime pas cet office-là ; — mais, puisque je suis entré si avant dans cette cause, — poussé par une honnêteté et un dévouement stupides, — je continuerai... Dernièrement, j’étais couché avec Cassio, — et, tourmenté d’une rage de dents, — je ne pouvais dormir. — Il y a une espèce d’hommes à l’âme si relâchée — qu’ils marmottent leurs affaires pendant leur sommeil. — De cette espèce est Cassio. — Tandis qu’il dormait, je l’ai entendu dire : Suave Desdémona, — soyons prudents ! cachons nos amours ! ”
