Alfred de Musset

Alfred de Musset

Résumé

Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset Revue des Deux Mondes

Les épaules d’argent de la nuit qui frissonne
Se couvrent de rougeur sous son premier baiser.
Tel frissonne le corps d’une chaste pucelle,
Quand dans les soirs d’été le sang lui porte au cœur.
Tel, le moindre desir qui l’effleure de l’aile
Met un manteau de pourpre à la sainte pudeur.
Roi du monde, ô soleil ! la terre est ta maîtresse.
Ta sœur dans ses bras nus l’endort à ton côté ;
Tu n’as voulu pour toi l’éternelle jeunesse
Qu’afin de lui verser l’éternelle beauté !
Vous qui volez là-bas, légères hirondelles,
Dites-moi, dites-moi, pourquoi vais-je mourir
Oh !
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Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset Revue des Deux Mondes

Mais enfin, monsieur Thiers, cette terre est bien vieille ;
Que ce siècle soit beau, soit grand, c’est à merveille,
Et je n’en dirai pas de mal assurément.
Quand le diable y serait, ce n’en est qu’un, pourtant.
Est-ce une loi pour tous, qu’un siècle dans l’histoire ?
Parce que trois pédans m’ont farci la mémoire
De je ne sais quels vers à contre-cœur appris,
N’est-il pour moi qu’un siècle, et pour moi qu’un pays ?
Eh ! s’il est glorieux, qu’il dorme dans sa gloire,
Ce siècle de malheur ; c’est du mien que je suis.
Dans quel temps vivons-nous, voyons, je vous en prie ?
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Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset Revue des Deux Mondes

L’enfant presse en criant sa harpe sur son cœur...
La jeune fille alors sentit que son génie
Lui demandait des sons que la terre n’a pas ;
Soulevant jusqu’à Dieu des sanglots d’harmonie,
Mourante, elle oubliait l’instrument dans ses bras.
Ô Dieu ! mourir ainsi, chaste et pleine de vie !...
Mais tout avait cessé, le charme et les terreurs,
Et la femme en tombant ne trouva que des pleurs.
Pleure, le ciel te voit ! pleure, fille adorée !
Laisse une douce larme au bord de tes yeux bleus
Briller et s’écouler comme une étoile aux cieux !
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