Alfred de Musset,
Revue des Deux Mondes
“ Les épaules d’argent de la nuit qui frissonne Se couvrent de rougeur sous son premier baiser. Tel frissonne le corps d’une chaste pucelle, Quand dans les soirs d’été le sang lui porte au cœur. Tel, le moindre desir qui l’effleure de l’aile Met un manteau de pourpre à la sainte pudeur. Roi du monde, ô soleil ! la terre est ta maîtresse. Ta sœur dans ses bras nus l’endort à ton côté ; Tu n’as voulu pour toi l’éternelle jeunesse Qu’afin de lui verser l’éternelle beauté ! Vous qui volez là-bas, légères hirondelles, Dites-moi, dites-moi, pourquoi vais-je mourir Oh ! ”
