Pierre Corneille

Pierre Corneille

Résumé

Portrait de Pierre Corneille Pierre Corneille Œuvres de P. Corneille

AUGUSTE, LIVIE, CINNA, ÉMILIE, FULVIE.
LIVIE.
Vous ne connoissez pas encor tous les complices
Votre Émilie en est, Seigneur, et la voici.
CINNA.
C’est elle-même, ô Dieux !
AUGUSTE.
C’est elle-même, ô Dieux ! Et toi, ma fille, aussi !
ÉMILIE.
Oui, tout ce qu’il a fait, il l’a fait pour me plaire [20] , 1565
Et j’en étois, Seigneur, la cause et le salaire.
AUGUSTE.
Quoi ? l’amour qu’en ton cœur j’ai fait naître aujourd’hui
T’emporte-t-il déjà jusqu’à mourir pour lui ?
Ton âme à ces transports un peu trop s’abandonne,
Et c’est trop tôt aimer l’amant que je te donne.
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Portrait de Pierre Corneille Pierre Corneille Œuvres de P. Corneille

Exupère, à Héraclius.
Seigneur, il me faut grâce ou de l’un ou de l’autre:
J’ai répandu son sang, si j’ai vengé le vôtre.
Martian
Qui que ce soit des deux, il doit se consoler
De la mort d’un tyran qui voulait l’immoler;
Je ne sais quoi pourtant dans mon cœur en murmure.
Héraclius
Peut-être en vous par là s’explique la nature,
Mais, Prince, votre sort n’en sera pas moins doux.
Si l’empire est à moi, Pulchérie est à vous.
Puisque le père est mort, le fils est digne d’elle.
à Léontine.
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Portrait de Pierre Corneille Pierre Corneille Œuvres de P. Corneille

Mais enfin après vous tous deux veulent courir :
Le héros ne peut vivre où l’amant doit mourir ;
La fermeté de l’un par l’autre est épuisée ;
Et si Dircé n’est plus, il n’est plus de Thésée.
Dircé.
Hélas ! C’est maintenant, c’est lorsque je vous voi
Que ce même combat est dangereux pour moi.
Ma vertu la plus forte à votre aspect chancelle :
Tout mon cœur applaudit à sa flamme rebelle ;
Et l’honneur, qui charmait ses plus noirs déplaisirs,
N’est plus que le tyran de mes plus chers désirs.
Allez, prince ; et du moins par pitié de ma gloire
Gardez-vous d’achever une indigne victoire
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