Thomas Corneille,
Oeuvres de P. et Th. Corneille…
(1857)
“ Faisons leur liberté comme leur esclavage. César, que tes exploits n'enflent plus ton courage; Considère les miens, tes yeux en sont témoins. Pompée était mortel, et tu ne l'es pas moins : Il pouvait plus que toi ; tu lui portais envie : Tu n'as, non plus que lui, qu'une âme et qu'une vie; Et son sort, que tu plains, te doit faire penser Que ton cœur est sensible et qu'on peut le percer. Tonne, tonne à ton gré, fais peur de ta justice : C'est à moi d'apaiser Rome par ton supplice ; C'est à moi de punir ta cruelle douceur, Qui n'épargne en un roi que le sang de sa sœur. ”
