Pierre Corneille

Pierre Corneille

Résumé

Portrait de Pierre Corneille Pierre Corneille Oeuvres choisies de P. Corneille… (1831)

Si c'est vous bien servir, l'honneur m'en suffira; Et si c'est mal aimer, mon bras m'en punira. SOPHONISBE.
Le trouble de vos sens dont vous n'êtes plus maître Vous a fait oublier, Seigneur, à me connoître.
Quoi! j'irois mendier jusqu'au camp des Romains La pitié de leur chef qui ni'auroit en ses mains! J'irois déshonorer par un honteux hommage Le trône où j'ai pris place, et le sang de Carthage; Et l'on verroit gémir la fille d'Asdrubal Aux pieds de l'ennemi pour eux le plus fatal! Je ne sais si mes yeux auroient là tant de force, Qu'en sa faveur sur l'heure il pressât un divorce
Source : Gallica

Portrait de Pierre Corneille Pierre Corneille Oeuvres choisies de P. Corneille… (1831)

SOPHONISBE. Quoi que vous résolviez, c'est à moi d'y souscrire. J'oserai toutefois m'enhardir à vous dire, Qu'avec plus de plaisir je verrois ce traité, Si j'y voyois pour vous, ou gloire, ou sûreté. Mais, Seigneur, m'aimez-vous encor? SYPHAX.
Si je vous aime? SOPHONISBE. Oui, m'aimez-vous encor, Seigneur? SYPHAX.
Plus que moi-même. SOPHONISBE. Si mon amour égal rend vos jours fortunés, Vous souvient-il encor de qui vous les tenez?
SYPHAX. De vos bontés, Madame.
SOPHONISBE.
Ah! cessez, je vous prie, De faire en ma faveur outrage à ma patrie. Un autre avoit le choix de mon père, et le mien
Source : Gallica

Portrait de Pierre Corneille Pierre Corneille Oeuvres choisies de P. Corneille… (1831)

LACUS. Un véritable ami n'attend point qu'on le prie.
CAMILLE. Cette amitié me charme, et je dois avouer Qu'Othon a jusqu'ici tout lieu de s'en louer; Que l'heureux contre-temps d'un si rare service...
LACUS. Madame...
CAMILLE. Croyez-moi, mettez bas l'artifice. Ne vous hasardez point à faire un empereur. Galba connoît l'empire, et je connois mon coeur. Je sais ce qui m'est propre ; il voit ce qu'il doit faire, Et quel prince à l'Etat est le plus salutaire. Si le ciel vous inspire, il aura soin de nous, Et saura sur ce point nous accorder sans vous.
Source : Gallica

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