Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire Théâtre choisi de Voltaire

Quoi ! Zaïre !
Corasmin.
Tout sert à redoubler son crime.
Seigneur, n’en soyez pas l’innocente victime,
Et de vos sentiments rappelant la grandeur...
Orosmane.
C’est là ce Nérestan, ce héros plein d’honneur,
Ce chrétien si vanté, qui remplissait Solyme
De ce faste imposant de sa vertu sublime !
Je l’admirais moi-même, et mon cœur combattu
S’indignait qu’un chrétien m’égalât en vertu.
Ah ! qu’il va me payer sa fourbe abominable !
Mais Zaïre, Zaïre est cent fois plus coupable.
Une esclave chrétienne, et que j’ai pu laisser
Dans les plus vils emplois languir sans l’abaisser !
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Portrait de Voltaire Voltaire Théâtre choisi de Voltaire

Le sérail est plongé dans un profond silence ;
Tout dort ; tout est tranquille ; et l’ombre de la nuit...
orosmane.
Hélas ! le crime veille, et son horreur me suit.
À ce coupable excès porter sa hardiesse !
Tu ne connaissais pas mon cœur et ma tendresse !
Combien je t’adorais ! quels feux ! Ah ! Corasmin,
Un seul de ses regards aurait fait mon destin ;
Je ne puis être heureux, ni souffrir que par elle.
Prends pitié de ma rage. Oui, cours... Ah, la cruelle !
corasmin.
Est-ce vous qui pleurez ? vous, Orosmane ? ô cieux !
orosmane.
Voilà les premiers pleurs qui coulent de mes yeux.
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Portrait de Voltaire Voltaire Théâtre choisi de Voltaire (1849)

BRUTUS.
Tout mon sang est à toi, si tu tiens ta promesse 1 ; Si tu n'es qu'un tyran, j'abhorre ta tendresse; Et je ne peux rester avec Antoine et toi, Puisqu'il n'est plus Romain, et qu'il demande un roi.
SCÈNE IV. CÉSAR, ANTOINE.
ANTOINE.
Eh bien ! t'ai-je trompé ? Crois-tu que la nature Puisse amollir une âme et si fière et si dure? Laisse, laisse à jamais dans son obscurité Ce secret malheureux qui pèse à ta bonté. Que de Rome, s'il veut, il déplore la chute; Mais qu'il ignore au moins quel sang il persécute ; Il ne mérite pas de te devoir le jour.
Source : Gallica

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