Pierre Corneille,
Chefs-d'oeuvre de P. Corneille
(1853)
“ Quand je vis que mon coeur ne se pouvoit défendre, Moi-même je donnai ce que je n'osois prendre ; Je mis, au lieu de moi, Chimène en ces liens, Et j'allumai leurs feux pour éteindre les miens. Ne t'étonne donc, plus si mon âme gênée Avec impatience attend leur hyménée ; Tu vois que mon repos en dépend aujourd'hui. Si l'amour vit d'espoir, il périt avec lui ; C'est un feu qui s'éteint faute de nourriture; Et, malgré la rigueur de ma triste aventure, Si Chimène a jamais Rodrigue pour mari, Mon espérance est morte, et mon esprit guéri. ”
