Résumé

Portrait de Alfred Fouillée Alfred Fouillée L’Histoire naturelle des sociétés humaines ou animales

Dans l’individu, le cerveau n’est pas une simple représentation du corps, un simple miroir condensant en soi ce qui se passe au sein des cellules, un simple arbitre entre des intérêts et des sympathies, qui en prendrait la moyenne sans y ajouter rien de nouveau et qui n’aurait d’autre règle que la médiocrité d’un juste milieu. Le cerveau est un organe d’intelligence et de volonté, par conséquent de progrès et d’initiative, qui entraîne tout l’être sous l’influence d’une pensée supérieure. De même dans la société, outre l’intérêt et la sympathie, il y a une troisième force sociale : l’idée.
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Au reste, il n’est pas merveilleux qu’une coopération sympathique, résultat d’une communauté de climat, de coutumes, d’histoire, de croyances, existe entre les individus d’un peuple, car la sélection naturelle fait disparaître toute société dont les membres ne donnent pas le spectacle de cette coopération, comme elle fait disparaître tout organisme vivant dont les parties sont plus en lutte qu’en harmonie d’intérêts les unes avec les autres ; un peuple livré à l’anarchie des égoïsmes est comme un monstre dont les membres se contrarient au lieu de s’aider et qui n’est pas né viable.
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Si cette conscience collective existe quelque part, c’est dans tous les individus que nous devons la chercher.
Revenons donc aux individus. Est-ce enfin en eux que la société ou la nation se pense elle-même et existe comme sujet ? — Oui, à parler par figures, non à parler au sens propre. Dire que la société, par exemple la France, se pense dans ses membres, c’est simplement dire que les membres se pensent les uns les autres, sont objets de pensée l’un pour l’autre ; mais comme en définitive les Français n’ont point un seul et même cerveau, ils n’ont pas davantage une seule et même conscience.
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