Sully Prudhomme,
Poésies de Sully Prudhomme : 1878-1879
“ Mais ce qu’à tout instant l’objet perd de matière, La Nature en ravit la vue à l’œil humain. Ce qu’aux êtres le temps apporte et la Nature, Peu à peu les forçant à croître avec mesure, Ne peut être saisi des yeux les plus puissants, Non plus que le déclin de leurs corps vieillissants. Nul œil, à chaque instant, ne peut voir la morsure Que fait aux rocs pendants le sel rongeur des mers. C’est d’invisibles corps qu’est formé l’Univers. La matière pourtant n’emplit pas tout le monde ; Sache que toute chose a quelque vide en soi. ”
