Pierre Corneille,
Théâtre choisi de Corneille : édition classique précédée d'une notice littéraire
(1877-1880)
“ Vis donc, Horace; vis, guerrier trop magnanime : Ta vertu met ta gloire au-dessus de ton crime ; Sa chaleur généreuse a produit ton forfait ; D'une cause si belle il faut souffrir l'effet. Vis pour servir l'Etat, vis, mais aime Valère : Qu'il ne reste entre vous ni haine ni colère ; Et, soit qu'il ait suivi l'amour ou le devoir, Sans aucun sentiment (1) résous-toi de le voir. Sabine, écoutez moins la douleur qui vous presse ; Chassez de ce grand coeur ces marques de faiblesse : C'est, en séchant vos pleurs que vous vous montrerez La véritable soeur de ceux que vous pleurez. ”
