Pierre Corneille,
Oeuvres choisies de P. Corneille
(1873)
“ TULLE. Défendez-vous, Horace. HORACE. A quoi bon me défendre? Vous savez l'action, vous la venez d'entendre ; Ce que vous en croyez me doit être une loi. Sire, on se défend mal contre l'avis d'un roi; Et le plus innocent devient soudain coupable, Quand aux yeux de son prince il paraît condamnable.. C'est crime qu'envers lui se vouloir excuser : Notre sang est son bien, il en peut disposer ; Et c'est à nous de croire, alors qu'il en dispose, Qu'il ne s'en prive point sans une juste cause. Sire, prononcez donc, je suis prêt d'obéir; D'autres aiment la vie, et je la dois haïr. ”
