“ Sans voix, sans mouvement mon Iris éperdue Laissoit mille beautés en proye à mon ardeur ; Comme elle oublioit sa rigueur, J’oubliai lors ma retenue, Et je me souvins seulement Que dans ce bienheureux moment, Par un excès d’ardeur nos forces suspendues, Nos corps entrelassés, nos ames confondues, Nous ont laissé livrés aux plaisirs les plus doux, Inconnus aux mortels moins amoureux que nous. ”
Ardeur
Définition et enjeux
L'ardeur, souvent liée au feu et à la passion, désigne une intensité de désir ou d'engagement qui traverse les dimensions spirituelles, artistiques et physiques. Dans les œuvres de Corneille, elle incarne un conflit entre le cœur et la raison, tandis qu'Heine la représente comme une force tumultueuse, mêlant amour et douleur.
Lucrèce, quant à lui, la rattache à des phénomènes naturels, illustrant sa capacité à traverser les substances. Cette notion, abordée par des auteurs variés, révèle des facettes de l'âme humaine, allant de l'enthousiasme créatif à l'impétuosité amoureuse, en lien étroit avec des thèmes comme l'énergie ou la persévérance.
Citations sur l'ardeur
Savinien de Cyrano de Bergerac, Oeuvres comiques, galantes et littéraires de Cyrano de Bergerac… (1900)
“ Cette ardeur, dont il brûle pour vous, est l'ardeur dont il brûla jadis tout le monde, non pas celle dont il fut lui-même brûlé. Il vous regarde tous les jours avec les frissons et les tendresses que lui donne la mémoire du désastre de son fils aîné : il ne voit sur la terre que vous où il se reconnaisse. ”
Johann Peter Eckermann,
Conversations de Goethe
“ On est profondément frappé de l’ardeur sincère, passionnée même avec laquelle vous travailliez alors à votre éducation artistique ; cette pensée a dominé toute votre existence pendant que vous étiez à Rome ; on a en vous l’exemple d’un esprit qui satisfait sérieusement un de ses goûts les plus chers, et votre ardeur est comme un soleil dont on sent la chaude influence. ”
Heinrich Heine,
Œuvres de Henri Heine
“ Qu’est-ce qui allume en mon cœur une ardeur sauvage ? Mon sang bouillonne, écume et fermente, une terrible ardeur consume mon cœur. Mon sang fou fermente et écumer parce que j’ai fait un mauvais rêve. Le sombre fils de la nuit est venu et m’a emporté haletant. Il m’a emporté dans une belle maison, toute sonore de chants de harpes, de joie et de liesse, toute resplendissante de lumières : je pénètrai dans le salon. C’était un gai repas de noces ; les convives joyeux étaient assis à table. Et lorsque je vis la mariée, — ô douleur ! la mariée était ma bien-aimée. ”
Pierre Corneille,
Œuvres de P. Corneille
“ Après certains moments que perdent nos longueurs, Elle quitte ces traits qui pénètrent les cœurs; Le nôtre s'endurcit, la repousse, l'égare: Le bras qui la versoit en devient plus avare, Et cette sainte ardeur qui doit porter au bien35 Tombe plus rarement, ou n'opère plus rien. Celle qui vous pressoit de courir au baptême,489 Languissante déjà, cesse d'être la même, Et pour quelques soupirs qu'on vous a fait ouïr, Sa flamme se dissipe, et va s'évanouir.40POLYEUCTE.Vous me connoissez mal: la même ardeur me brûle, Et le desir s'accroît quand l'effet se recule [1173] . ”
F. Mercey, Revue des Deux Mondes
“ Le feu qui la dévore la fait bondir et haleter, gonfle son col, soulève son sein, et, serpentant le long de sa croupe sur laquelle elle vient de jeter le jeune faune, lui communique l’ardeur qui la consume et lui livre sans défense ce bel adolescent sur les yeux duquel elle attache son œil chargé d’amour. ”
Anonyme, Caroline et Saint Hilaire, ou Les putains du Palais-Royal
“ Je profite de l’instant où la nature parle à son âme pour réussir dans mon projet ; j’applique ma bouche sur la sienne ; je fais circuler dans mes veines une ardeur inconnue. Ne connaissant ce qui l’agite, il reste immobile à mes genoux, il semble attendre que je lui définisse la cause des feux dont il brûle ; je le renverse, et après avoir écarté mes jambes sous lui, je me place de manière à lui donner la facilité de satisfaire sa curiosité en contemplant mes appas. ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ Nos murs enfin, nos murs de pierre, s’ouvrent à l’aile rapide du son : l’odeur y coule, le froid aussi, et l’ardeur du feu. Que dis-je ? Cette ardeur traverse même la dure essence du fer, à l’endroit où la cuirasse fait le tour du cou et l’emprisonne. Des influences malsaines nous envahissent également de l’extérieur ; et la tempête échappée de la terre et du ciel, on dit avec raison qu’elle va se perdre dans le ciel et la terre : car le monde ne renferme que des corps au tissu poreux. ”
Henri Le Verdier, La fille de Nana : roman de moeurs parisiennes (1881)
“ Quelque chose de passionné et de saint, de chaste et de troublant, une ardeur suprême et timide s'emparait de tout son être. Elle contemplait l'homme aimé à la lueur oblique qui, venant de la lampe, allumait ses cheveux courts taillés en flamme et dessinait d'un trait pur son profil maigre. ”
Édouard Demarchin, La Comtesse de Lesbos
“ Je continue à bercer le doux fardeau, dont le poids me fait entrer plus profondément. Délicieusement remué par la chair palpitante, qui s’insinue à mon corps, je poursuis ma douce besogne avec une ardeur sans égale. ”
Anonyme, Le Sylphe galant et observateur
“ Des feux que les moyens ordinaires et naturels ne peuvent plus allumer, l’embrasent progressivement ; leur ardeur fait bouillonner son sang et change l’expression de ses traits : bientôt, gênée par la seule tunique qui la couvre, elle s’en débarasse ”
René Doumic,
Revue des Deux Mondes
“ Nous mettons une ardeur généreuse et un zèle presque dévot à nous mépriser et à nous accuser. Nous nous frappons la poitrine, nous courbons la tête sous le poids de notre propre indignité, nous nous piétinons avec rage. ”
Jean-Charles Gervaise de Latouche,
Le Portier des Chartreux
“ Mon ardeur produit sur moi le même effet; je ne la quitte pas. Elle veut s'arracher de mes bras, je résiste, je la renverse; furieuse, elle se relève, veut me déchirer le visage, mord, frappe: rien ne m'arrête. J'appuie ma poitrine sur la sienne, mon ventre sur le sien, et laisse à ses mains tout ce que la fureur leur inspire, employant les miennes à lui écarter les cuisses; elle les serre, je désespère de triompher; la rage augmente ses forces, la passion diminue les miennes; m'excitant, je les réunis, j'écarte ses cuisses, je lâche mon vit; je l'approche du con, je pousse, il entre. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Il a beaucoup d’ardeur pour les belles connoissances. Il faut aimer ses amis avec ardeur. Mon ardeur me tient lieu de mérite. Sar. L’ardeur de sa dévotion, de son zèle le tient continuellement en action. Il a fait cela dans l’ardeur du combat, de la jeunesse & de la dispute. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ Le Dictionnaire encyclopédique n’ayant parlé que des ardeurs d’urine et de l’ardeur d’un cheval, il paraît expédient de citer aussi d’autres ardeurs : celle du feu, celle de l’amour. Nos poètes français, italiens, espagnols, parlent beaucoup des ardeurs des amants ; l’opéra n’a presque jamais été sans ardeurs parfaites. Elles sont moins parfaites dans les tragédies ; mais il y a toujours beaucoup d’ardeurs. Le Dictionnaire de Trévoux dit qu’ardeur en général signifie une passion amoureuse. ”
Anna de Noailles,
Les Éblouissements
“ Semble glisser, au crépuscule, De quelque pomme d’arrosoir. Il semble se mêler au sable, Aux stores de paille, au gazon, Au vitrage de la maison Dans une ardeur inextricable. L’air est fumant, sourd, fructueux ”
Tony Blanche, L'enfant : causeries sur la manière d'élever les enfants (1882)
“ Il porte à sa bouche tous les objets qu'il trouve sous sa main et les mordille avec ardeur. Si rien n'est à sa portée, c'est sur ses doigts eux-mêmes que tombe sa rage, et son petit pouce est sucé avec une énergie désespérée. ”
Joseph-Édouard Perrault,
Maria Chapdelaine — L'épouse et la mère
(1927)
“ À l’œuvre, d’un soleil à l’autre, travaillant sans répit du commencement à la fin de l’année, ne choisissant les tâches ni les moins dures ni les moins longues, elle sut stimuler l’ardeur de ses enfants par sa propre ardeur. ”
Edgar Allan Poe,
Histoires extraordinaires
“ L'ardeur même avec laquelle il se jette dans le grotesque pour l'amour du grotesque et dans l'horrible pour l'amour de l'horrible, me sert à vérifier la sincérité de son œuvre et l'accord de l'homme avec le poëte.—J'ai déjà remarqué que, chez plusieurs hommes, cette ardeur était souvent le résultat d'une vaste énergie vitale inoccupée, et aussi d'une profonde sensibilité refoulée. ”
Clovis Hesteau de Nuysement, Ta vertu, ta bonté.
“ Qui plus blece, garrotte, & embrase autre cueur. C'est le fer, le cordeau, & l'ardant feu vainqueur, Qui me poinct, qui me tient, qui vivement m'enfame : C'est l'unguent, le couteu, & l'eau que je reclame, Pour guarir, deslier, & dompter mon ardeur. ”
Anténor Firmin,
De l’égalité des races humaines
“ À la place de l’ardeur vient une prostration, un découragement concentré qui le mine insensiblement et le mène au tombeau, en proie à une fièvre ardente où la désillusion et la défaillance réduisent a l’impuissance l’art des plus habiles médecins... ”
Pierre Corneille,
Chefs-d'oeuvre de P. Corneille
(1853)
“ Mille et mille lauriers dont ta tête est couverte Semblent porter écrit le destin de ma perte; J'attaque en téméraire un bras toujours vainqueur; Mais j'aurai trop de force, ayant assez de coeur. A qui venge son père il n'est rien d'impossible; 1 Une ardeur ne peut être appelée sang, par métaphore ni autrement. ( ACAD.) — Si un homme pouvait dire de lui qu'il a de l'ardeur dans les yeux, y auraitil une faute à dire que cette ardeur vient de son père, que c'est le sang de son père? N'est-ce pas le sang qui, plus ou moins animé, rend les yeux vifs ou éteints? ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Ce cheval a trop d’ardeur, il s’emporte trop, & il est inquiet sous le Cavalier. Ce chien chasse avec ardeur le sanglier. ☞ Ardeur, signifie aussi un attachement, une passion amoureuse. Une première ardeur est toujours la plus forte ; Le temps ne l’éteint point, la mort seule l’emporte. ”
“ J'ai été pris d'une rage inspiratrice, comme l'autre jour, quand j'ai retravaillé la Clorinde, non pas qu'il y eût des changements à faire, mais le tableau était venu subitement dans cet état languissant et morne, qui n'accuse que le défaut d'ardeur en travaillant. Je plains les gens qui travaillent tranquillement et froidement. ”
Antoine Oudin, Dictionnaire historique de l'ancien langage françois… (1875-1882)
“ La signification de ce mot ardure étoit la même que celle de brûlure, effet de l'ardeur du feu, lorsqu'en parlant de la pierre magnétique pulvérisée, on a dit : La puldre est bone sur ardure, Et sur toute eschaldeure. ”
Friedrich Nietzsche,
Le Gai Savoir
“ Nous ne sommes pas des grenouilles pensantes, nous ne sommes pas des appareils objectifs et enregistreurs avec des entrailles en réfrigération, — il faut sans cesse que nous enfantions nos pensées dans la douleur et que, maternellement, nous leur donnions ce que nous avons en nous de sang, de cœur, d’ardeur, de joie, de passion, de tourment, de conscience, de fatalité. La vie consiste, pour nous, à transformer sans cesse tout ce que nous sommes, en clarté et en flamme, et aussi tout ce qui nous touche. ”
“ Va, la plus divine faculté de l’âme, le désir, n’est qu’endormie en toi, Sténio. Laisse reprendre à ton corps quelque vigueur, donne à ton sang quelques jours de repos, et tu sentiras se réveiller cette ardeur sainte du cœur, cette aspiration infinie de l’intelligence qui font qu’un homme est un homme, et qu’il est digne de commander ici-bas aux orages de sa propre vie. — Un homme est un homme, dit Sténio, tant qu’il peut gouverner son cheval et résister à sa maîtresse. Quel plus bel emploi de la force voyez-vous que le ciel ait départi à d’aussi chétives créatures que nous ? ”
Claude-Prosper Jolyot de Crébillon,
La Nuit et le Moment
“ elle se révoltoit contre la froideur de ses sens, & mettoit tout en usage pour la vaincre. Cette ardeur dont elle se sentoit brûler, & qui se répandoit dans toutes ses veines, devenoit enfin un supplice pour elle, & je l’ai vûe plus d’une fois pleurer d’être livrée à des desirs si violens, & de ne pouvoir ni les éteindre, ni les satisfaire. ”
Antoine Oudin, Dictionnaire historique de l'ancien langage françois… (1875-1882)
“ Quant est ars mult est mirables : Chaice Serpent, destruit Diables. Marbodus, de Gemm. art. XVIH, col. 1654. 2° En parlant des effets de l'ardeur du soleil en Espagne : « La terre leur sembla trop arse. » (Chron. S' Denys, T. I, fol. 143.) 3° En parlant de l'effet de l'ardeur, du tempérament du lièvre lorsqu'il est en amour : « Gete les « fumées plus arses et plus menues. » (Chasse de Gaston Phébus, MS. p. 43.) Enfin, ce participe ars, pris substantivement comme le verbe ardoir, action de brûler, d'incendier, a signifié l'effet de cette action, l'incendie même. ”
Anonyme, À Fès - La journée de prière
“ Leurs jaillissemens ont la légèreté des eaux bouillonnantes, l’ardeur des flammes, ils expriment sur ce sol de mort ce qui est invisible ici, ce que peut-être nos éternels rêveurs assis sur les tombes retrouvent le soir chez eux au cœur caché du silencieux ossuaire : la jeunesse, la grâce, la joie, le frémissant appel à la vie, l’espoir passionné du bonheur. En nul endroit ils ne font sentir leur allégresse éphémère, comme ici dans la grande vallée chaotique des morts. Ce soir leur neige parfumée tombe déjà à flocons lents, légers sur les lombes. ”
André Chénier,
Œuvres poétiques de Chénier/Moland…
“ Ni tendre aux voyageurs des pièges assassins. J’aime : je vais trouver des ardeurs mutuelles, Une nymphe adorée, et belle entre les belles, Comme, parmi les feux que Diane conduit, Brillent tes feux si purs, ornement de la nuit. ”
Louise Labé,
Débat de Folie et d’Amour
“ La lubricité & ardeur de reins n’a rien de commun, ou bien peu auec Amour. ”
Guillaume Apollinaire,
Calligrammes
(1952)
“ CHEF DE SECTION Ma bouche aura des ardeurs de géhenne Ma bouche te sera un enfer de douceur et de séduction Les anges de ma bouche trôneront dans ton cœur Les soldats de ma bouche te prendront d'assaut Les prêtres de ma bouche encenseront ta beauté Ton âme s'agitera comme une région pendant un tremblement de terre Tes yeux seront alors chargés de tout l'amour qui s'est amassé dans les regards de l'humanité depuis qu'elle existe Ma bouche sera une armée contre toi une armée pleine de disparates Variée comme un enchanteur qui sait varier ses métamorphoses L'orchestre et les chœurs de ma bouche te diront mon amour ”
Henri Ardel,
La nuit tombe
(1923)
“ Voici des années que des lèvres n’ont touché les miennes. L’onde du souvenir monte en mon cœur et fuit... Un frisson secoue tout mon être... Mais je ne me défends pas... Et la caresse frôle mes paupières, mes joues, puis descend... Et les lèvres tendres, fermes, ardentes, se posent sur ma bouche, en un baiser profond, pareil à un sceau...... Un bruit de voix tout à coup nous ramène à la notion du réel. Des promeneurs viennent. Nous nous écartons d’un élan si vif qu’aussitôt nous nous regardons en riant. Mon visage est brûlant ; mais lui est pâle, avec des prunelles où flambe une lueur. ”
Octave Mirbeau,
Journal d'une femme de chambre
(1900)
“ Une odeur forte de mâle, presque de fauve, monte de sa poitrine large et bombée comme une cuirasse... Alors, grisée par cette force et par cette odeur, je m'accote au chevalet où tout à l'heure, quand je suis venue, il frottait les cuivres des harnais... Ni M. Xavier, ni M. Jean, ni tous les autres, qui étaient, pourtant, jolis et parfumés, ne m'ont produit jamais une impression aussi violente que celle qui me vient de ce presque vieillard, à crâne étroit, à face de bête cruelle... ”
Henri Ardel,
La nuit tombe
(1923)
“ Et je le reçois, moqueuse et insouciante... tandis qu’en mon cœur ressuscité palpite le désir fou de me glisser entre ses bras, qui me garderaient de tout mal ; de mettre ma tête sur sa poitrine, mon visage sous sa bouche ; d’en sentir la caresse sur mes cheveux, sur mes paupières, sur mes lèvres... ”
Charles Renel, La Fille de l’Île Rouge
“ Gros comme le poing, avec des tentacules toutes rouges, ils s’attachent aux noyés, plongent leurs tentacules dans le nez, la bouche et les oreilles, pour tirer le sang... Quand tout le sang est sucé, ils laissent surnager les corps... ”
Hugues Rebell,
Les nuits chaudes du Cap français
“ J’avais hâte de laver mes lèvres, mes doigts. Je respirais sur son corps et sur moi l’odeur infecte de l’homme. Et pourtant j’espérais encore, je me disais : c’est peut-être un accident. Comme elle faisait un mouvement, je rabats sa jupe, je me relève, mais à ce moment un papier plié s’échappe de son sein. ”
“ Ta robe participe à ton être enchanté, Ô ma très chère !... Elle est un peu de ta beauté. La respirer, c’est ton odeur que l’on dérobe. Ton cœur intime vit dans les plis de ta robe, L’odeur de nos baisers anciens est dans ses plis... ”
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal
“ Tu contiens dans ton œil le couchant et l’aurore ; Tu répands des parfums comme un soir orageux ; Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore Qui font le héros lâche et l’enfant courageux. Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ? ”
Henri Ardel,
Mon cousin Guy
(1896)
“ Ses joues étaient pourprées et la peau toute moite sous le frissonnement des petites mèches folles de sa nuque et de son front ; un souffle rapide entr’ouvrait ses lèvres, fraîches à faire rêver des folies, et dans ses grandes prunelles noires dansait une flamme de plaisir dont le reflet avivait l’éclat du visage, d’une irrégularité piquante, gamine et délicieuse. ”
