Isaac de Benserade,
Poésies de Benserade
“ Non, non, vôtre amitié, de quoi qu’elle se vante, Ne sçauroit la toucher ; Et celle qui pour nous est sensible et vivante, Pour vous est un rocher. Vôtre flâme est brillante, elle tonne, elle éclaire, Mais elle est sans vigueur ; Elle peut éveiller et jamais satisfaire L’amoureuse langueur. Vos baisers sont pareils à ces baisers timides Qu’une mère a d’un fils ; Au prix de nos baisers pressez, ardens, humides, En sucre tout confits. Le duvet d’un Amant, pique la bouche et l’âme ; C’est un doux aiguillon Qui d’un sang amoureux dans le cœur d’une Dame Excite le boüillon. ”
