Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire,  Œuvres complètes de Voltaire

“ Tu veux qu’Alzire meure ou que je vive en traître.
Ah ! Lorsque de tes jours je me suis vu le maître,
Si j’avais mis ta vie à cet indigne prix,
Parle, aurais-tu quitté les dieux de ton pays ?
Alvarès.
J’aurais fait ce qu’ici tu me vois faire encore,
J’aurais prié ce dieu, seul être que j’adore,
De n’abandonner pas un cœur tel que le tien,
Tout aveuglé qu’il est, digne d’être chrétien.
Zamore.
Dieux ! Quel genre inouï de trouble et de supplice,
Entre quels attentats faut-il que je choisisse !
À Alzire,
Il s’agit de tes jours, il s’agit de mes dieux.
”
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Portrait de Voltaire Voltaire,  Œuvres complètes de Voltaire

“ Sur l’ennemi de Dieu je portais le trépas :
Un autre dieu, peut-être, a retenu mon bras.
Du moins, lorsque j’ai vu ce malheureux Zopire,
De ma religion j’ai senti moins l’empire.
Vainement mon devoir au meurtre m’appelait ;
À mon cœur éperdu l’humanité parlait.
Mais avec quel courroux, avec quelle tendresse,
Mahomet de mes sens accuse la faiblesse !
Avec quelle grandeur, et quelle autorité,
Sa voix vient d’endurcir ma sensibilité !
Que la religion est terrible et puissante !
J’ai senti la fureur en mon cœur renaissante ;
Palmire, je suis faible, et du meurtre effrayé
”
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Portrait de Voltaire Voltaire,  Œuvres complètes de Voltaire

“ Voici l’amant, l’époux que me choisit mon père,
Avant que je connusse un nouvel hémisphère,
Avant que de l’Europe on nous portât des fers,
Le bruit de son trépas perdit cet univers.
Je vis tomber l’empire où régnaient mes ancêtres,
Tout changea sur la terre, et je connus des maîtres.
Mon père infortuné, plein d’ennuis et de jours,
Au dieu que vous servez eut à la fin recours :
C’est ce dieu des chrétiens, que devant vous j’atteste,
Ses autels sont témoins de mon hymen funeste.
C’est aux pieds de ce dieu, qu’un horrible serment
Me donne au meurtrier qui m’ôta mon amant.
”
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