Daniel Lesueur,
Le meurtre d'une âme
“ L'œuvre de Solgrès rayonnait comme un exemple inouï de générosité privée. L'admiration, le respect, s'inclinaient au seuil. Dans cet asile, le cœur de la pauvre Denise pouvait se convulser d'angoisse et saigner un sang d'agonie. Du moins la honte imméritée ne l'atteignait pas, non plus que son fils.Et là-bas, en face de la grille tutélaire, de l'autre côté de la route, dans le reflet vermeil et le pétillement de la forge, un être en qui s'incarnaient le travail, l'honneur, la bonté, faisait ce rêve: la guérir un jour d'avoir tant souffert au contact du vice, de l'inconscience et de la haine. ”

