Jocelyne

Définition et enjeux

Portrait de Philippe Panneton Philippe Panneton Le Poids du jour

Il voyait de face Adrien, ses traits forts et calmes ; sous le nez légèrement busqué, la moustache noire, carrée comme un domino. Et le front haut, sympathique. Sa tête était penchée sur celle de Jocelyne. Il semblait lui parler avec fermeté car son air était grave, sans sourire. Par moments elle allait relever la tête comme pour protester ; mais d’un geste, il l’empêchait de parler.
Jocelyne semblait alors hausser les épaules. Puis elle laissait retomber son visage dans ses mains ouvertes, tandis que ses coudes restaient appuyés sur la table encore servie pour le souper.
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Portrait de Philippe Panneton Philippe Panneton Le Poids du jour

Et pour moi, un grand fauteuil, alternait Jocelyne, un fauteuil où je tricoterai pendant que tu écriras.
Et c’était bien ainsi qu’ils voyaient la vie promise. Non pas la main dans la main comme des enfants qu’ils n’étaient plus. Mais l’un à côté de l’autre, inséparablement. Liés par leurs pensées plus encore que par leur chair. Adrien serait le guide et Jocelyne, le fidèle. Adrien serait l’intelligence et Jocelyne, la douceur. Adrien serait la force et Jocelyne, la joie.
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Portrait de Philippe Panneton Philippe Panneton Le Poids du jour

À vingt-trois ans presque femme de corps, femme à qui ne manquait encore que le double couronnement du don de soi-même et de la maternité, Jocelyne gardait un visage doux, des cheveux d’ambre clair et des yeux pâles tels des lys d’eau sur un lac matinal. Son rire était vif comme les sonnailles d’hiver. L’esprit mûri par le départ de sa mère, n’ayant jamais eu de sœur sur qui se pencher pour s’appuyer ou pour consoler, elle vivait encore l’âge où l’on sait le bonheur tout près, juste par-delà l’horizon prochain dont il suffira de franchir le seuil pour cueillir librement la gerbe.
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