Philippe Panneton,
Le Poids du jour
“ Ludovic avait été seul. Toute sa vie seul. Plus seul que si dans le vaste monde il n’eût existé d’homme que lui seul. Plus seul puisque la présence des autres ne faisait que lui rendre plus sensible sa solitude. Sans autre compagnon que l’alcool. Robert aussi connaissait la solitude, triste miroir qui jamais ne reflète à la fois deux visages. Le geste vide où la main jamais ne rencontre d’autre main qui l’étreigne. L’écho mort qui jamais plus ne renvoie les mots d’amitié humaine. Mais cette solitude, Robert Garneau, lui, l’avait voulue et créée, en lui comme autour de lui. ”
