Émile Zola

Émile Zola

Résumé

Portrait de Émile Zola Émile Zola Une page d’amour

Hélène se tourna tout d'un coup, prise d'une inquiétude instinctive.
—Tu n'es pas malade, Jeanne? demanda-t-elle.
L'enfant, très-blanche, les yeux humides, comme emportée dans le torrent d'amour des litanies, contemplait l'autel, voyait les roses se multiplier et tomber en pluie. Elle murmura:
—Oh! non, maman.... Je t'assure, je suis contente, bien contente....
Puis, elle demanda:
—Où donc est mon ami?
Elle parlait de l'abbé. Pauline l'apercevait; il était dans une stalle du choeur. Mais il fallut soulever Jeanne.
—Ah! je le vois.... Il nous regarde, il fait des petits yeux.
Source : Gutenberg

Portrait de Émile Zola Émile Zola Une page d’amour

Un soir, elle eut cette parole cruelle, comme sa mère lui présentait une cuillerée de potion:
—Non, ça m'empoisonne.
Hélène resta saisie, le coeur traversé d'une douleur aiguë, craignant d'aller au fond de cette parole.
—Que dis-tu, mon enfant? demanda-t-elle. Sais-tu bien ce que tu dis?... Les remèdes ne sont jamais bons. Il faut prendre celui-là.
Mais Jeanne garda son silence entêté, tournant la tête pour ne pas avaler la potion. À partir de ce jour, elle fut capricieuse, prenant ou ne prenant pas les remèdes, selon son humeur du moment.
Source : Gutenberg

Portrait de Émile Zola Émile Zola Une page d’amour

Une exaltation dévote l’avait subitement prise, elle multipliait les signes de croix, elle envoyait des génuflexions au grand lit et à la veilleuse de cristal. Puis, ouvrant la porte qui donnait sur le palier, elle ajouta à l’oreille d’Hélène, d’une voix changée :
— Quand vous voudrez, frappez à la cuisine : j’y suis toujours.
Hélène, étourdie, regardant derrière elle comme si elle sortait d’un lieu suspect, descendit l’escalier, remonta le passage des Eaux, se retrouva rue Vineuse, sans avoir conscience du chemin parcouru. Là seulement, la dernière phrase de la vieille femme l’étonna.
Source : Wikisource

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