“ Cependant, Zéphyrin, en ratissant, avait tourné l'allée. Il se trouvait derrière un grand fusain, lançant à Rosalie des oeillades obliques, pendant qu'il semblait l'amener contre lui, à petits coups, avec son râteau. Quand elle fut tout près, il la pinça rudement à la hanche.... —Crie pas, c'est comme je t'aime! murmura-t-il en grasseyant. Et mets ça par-dessus! ”
Zéphyrin
Définition et enjeux
Citations sur “Zéphyrin”
Laurent-Pierre Bérenger, Le mentor vertueux, moraliste et bienfaisant… (1834)
“ Seulement il avait commandé au gouverneur de ne point contrarier les caprices de son fils qui tendraient à le ramener dans sa patrie. C'est ainsi que Zéphyrin, après avoir vu, en courant, Venise, Turin, la Suisse et la Hollande, toujours avec la même précipitation et la même légèreté, n'aspirait plus , par un nouveau trait d'inconstance , qu'à retourner auprès de ses foyers avant le terme qu'il avait demandé lui-même pour ses courses. Un père est toujours père; c'est assez vous dire combien celui de Zéphyrin s'émut en le revoyant. ”
“ Madame Louchard était en tête, fendant les airs, échevelée, délirante ; Zéphyrin lui-même avait peine à la suivre. On criait : « Vive madame Louchard ! » quand tout à coup son âne fait un chassé-croisé, la selle tourne, et voilà la perle des amazones qui tombe à la renverse sur le gazon. On la crut blessée ; mais elle n’était qu’émue. Dès qu’elle fut remise sur ses jambes, son premier mouvement fut de s’écrier d’un ton désespéré : — Et mon tour ! mon tour ! — Preuve qu’elle pense toujours à Zéphyrin, se dit Euphrosine. ”
Armand de Pontmartin,
Souvenirs d'un vieux mélomane…
(1879)
“ Reste Zéphyrin; celui-là possède toutes les qualités désirables pour être mené en laisse ; au collège, on l'appelait Zéphyrin Mouton. Il n'a jamais eu d'autre volonté que de se plier à celle des autres : sa figure placide, son œil débonnaire, ses joues roses, son sourire bonhomme, tout cela ne saurait mentir. Bref, madame Aubray lui tend la main, et elle l'épouse. ”
“ Zéphyrin ne parlait pas, se contentait de cligner les paupières d'un air malin. Alors, des larmes d'attendrissement montèrent aux yeux de Rosalie, et pour témoigner sa joie de le revoir, elle ne trouva rien de mieux que de se moquer de lui. —Ah! va, reprit-elle en s'approchant, t'es joli, t'es propre, avec cet habit-là!... J'aurais pu passer à côté de toi, je n'aurais pas seulement dit: Dieu te bénisse!... Comme te voilà fait! T'as l'air d'avoir ta guérite sur ton dos. Et ils t'ont joliment rasé la tête, tu ressembles au caniche du sacristain.... Bon Dieu! que t'es laid, que t'es laid! Zéphyrin, vexé, se décida à ouvrir la bouche. ”
Saint-Germain-Leduc, Le nouvel ami des enfants : dédié au prince royal… (1847)
“ Cependant l'oncle Oscar ne s'en montra pas alarmé. Au contraire, cela parut lui faire plaisir. Il commença par adresser à Zéphyrin un compliment : « Tout beau! tout beau.'» d'un ton amical, mais en même temps très-ferme, et il lui fit de la main une petite caresse sur le col. Zéphyrin agita doucement la tête en signe de satisfaction, et de son grand œil brillant il lança de côté à son maître un regard plein de reconnaissance. Ses deux jambes de devant se placèrent bien régulièrement sur une même ligne, tout en s'écartant le plus possible de celles de derrière. ”
“ Madame Louchard parut rajeunie d’au moins cinq semaines : son tour, c’était sa vie. Zéphyrin retraversa la boutique comme l’éclair, sans même jeter un mot, une œillade au comptoir. Et cependant Euphrosine était là !... Elle est là, ton Euphrosine, ingrat coiffeur ! — Ah ! c’est trop fort ! dit Euphrosine en elle-même ; ne pas daigner me gratifier du simple coup d’œil que se doivent au moins les personnes bien élevées ! ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ Se penchant sur la machine, il en interrompit le fonctionnement. Le ronronnement cessa aussitôt, la lueur bleuâtre s’éteignit, l’ampoule redevint peu à peu immobile. « Ah bien !... Ah bien !... répéta Zéphyrin Xirdal, il doit s’en passer de belles ! » D’une main impatiente, il fit sauter la bande des journaux empilés sur la table et lut, les unes après les autres, les notes par lesquelles J. B. K. Lowenthal faisait connaître au monde les incohérentes fantaisies du bolide de Whaston. Zéphyrin Xirdal se tordit littéralement de rire. ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ M. Robert Lecœur se montra sur le seuil. « Eh bien, demanda-t-il, es-tu prêt, Zéphyrin ? — Je vous attendais, vous voyez, répondit avec candeur Xirdal, qui avait profondément oublié que son parrain dût partir avec lui. — En route, alors, dit M. Lecœur. Combien de colis ? — Trois : ma machine, ma lunette et ma valise. — Donne-m’en un, et prends les deux autres. Ma voiture est en bas. — Quelle bonne idée ! » admira Zéphyrin Xirdal, en refermant sa porte derrière lui. ”
“ Et ce fût à ce moment qu'elle aperçut, au fond du jardin, Rosalie et Zéphyrin qui continuaient à chercher du persil. Pour ne pas déranger le monde sans doute, ils s'étaient coulés au plus épais des massifs, accroupis l'un et l'autre. Zéphyrin, sournoisement, avait pris un pied de Rosalie, pendant que celle-ci, sans parler, lui allongeait des tapes. Jeanne, entre deux branches, voyait la face du petit soldat, une lune bonne enfant, très-rouge, crevant d'un rire amoureux. Il y eut une poussée, le petit soldat et la bonne roulèrent derrière les verdures. ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ L’emballage terminé, Zéphyrin Xirdal se disposait à rentrer chez lui, son paquet à la main, quand, à la porte de la boutique, il se trouva nez à nez avec un de ses rares amis, bactériologue d’un réel mérite. Xirdal, perdu dans son rêve, ne vit pas le bactériologue, mais le bactériologue vit Xirdal. ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ Il regardait de l’air dont il eût regardé des phénomènes, Mr Dean Forsyth retenu par Francis Gordon, et Jenny Hudelson entourant de ses faibles bras son père exaspéré. Quand Mr Seth Stanfort eut achevé son récit, Zéphyrin Xirdal, sans le moindre remerciement, lança un retentissant : « Cette fois, c’est trop fort ! » et s’éloigna à grandes enjambées. ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ Dans lequel Zéphyrin Xirdal éprouve pour le bolide une aversion croissante, et ce qui s’ensuit. Si Zéphyrin Xirdal avait été seul, serait-il parvenu sans anicroche à destination ? C’est possible, car tout arrive. ”
Géo London,
Les gaietés judiciaires
(1935)
“ C'est l'épouse de Zéphyrin l'Epicier, proportionnée au costaud dont elle est la légitime. Ce colosse est habillé en enfant de Marie : toilette bleu tendre et blanche faisant ressortir pleinement ses avantages naturels. Elle confie le parapluie qui la gêne à un vieil avocat, qui se trouve fort embarrassé de ce dépôt inattendu. Par une émouvante allusion au trépas de Mme sa mère, elle jure sur les cendres de cette défunte que son mari, « un homme doux, monsieur, et que tout le quartier connaît comme il est bon et tout », est innocent, complètement innocent. ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ Le lendemain de l’arrivée à Upernivik, M. Lecœur, qui commençait à désespérer, voulut essayer de réveiller l’attention de son filleul, en lui mettant sous les yeux sa machine dépouillée de son enveloppe protectrice. Il avait calculé juste, et le moyen fut radical. En apercevant sa machine, Zéphyrin Xirdal se secoua comme au sortir d’un rêve et promena autour de lui un regard où se lisaient la fermeté et la lucidité des grands jours. « Où sommes-nous ? demanda-t-il. — À Upernivik, répondit M. Lecœur. — Et mon terrain ? — Nous y allons de ce pas. » ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ Quand il vaudrait trois cent mille millions de milliards de billiards de trilliards, cela ne l’empêcherait pas d’être à moi. — À vous !... c’est de la plaisanterie... Un homme posséder à lui seul plus d’or que le reste du monde !... Ce ne serait pas tolérable. — Je ne sais pas si c’est tolérable ou pas tolérable, cria Zéphyrin Xirdal tout à fait en colère. Je ne sais qu’une chose, c’est que le bolide est à moi. — C’est ce que nous verrons, conclut M. de Schnack d’un ton sec. Pour le moment, vous voudrez bien souffrir que nous poursuivions notre route. ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ Zéphyrin Xirdal, insensible à ces intérêts vulgaires, était resté plongé dans sa contemplation, quand un grand bruit de voix vint frapper son oreille. En se retournant, il aperçut la foule des touristes, qui, M. de Schnack à leur tête, s’étaient enhardis à pénétrer sur son domaine. Voilà qui était intolérable, par exemple ! Xirdal, qui avait acquis un terrain pour être maître chez lui, fut outré d’un tel sans-gêne. D’un pas rapide, il se porta au-devant des indiscrets envahisseurs. Le délégué du Groenland lui épargna la moitié du chemin. ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ Il réfléchit comme il savait réfléchir, c’est-à-dire en projetant sur un seul point et en une seule masse toute la force vitale de son organisme. Cette pensée ainsi concentrée qu’il dirigeait sur les ombres d’un problème, c’était comme un pinceau lumineux dans lequel seraient réunis tous les rayons du soleil. « Pas d’objections, dit-il enfin, en traduisant tout haut le résultat de son effort intérieur. Il faut essayer ça sur-le-champ. » Zéphyrin Xirdal prit son chapeau, dégringola ses six étages et se précipita chez un petit menuisier, dont l’échoppe s’ouvrait de l’autre côté de la rue. ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ « Le bolide ?... balbutia-t-il, en pâlissant légèrement malgré lui. — Le bolide », approuva Xirdal paisiblement. Que tout autre que son filleul lui eût tenu un tel langage, nul doute que M. Lecœur ne l’eût fait jeter incontinent à la porte. Les instants d’un banquier sont trop précieux pour qu’il soit permis de les gâcher à écouter des insensés. Mais Zéphyrin Xirdal n’était pas tout le monde. Que son crâne eût une fêlure de forte taille, ce n’était, hélas ! que trop certain, mais ce crâne fêlé n’en contenait pas moins un cerveau de génie, pour lequel rien n’était impossible a priori. ”
Émile Zola,
Une page d’amour
(1879)
“ Et son regard noir devint dur, tandis que ses petites mains tendues caressaient les épaules de sa mère. Celle-ci voulut se récrier ; mais elle eut peur des paroles qui lui venaient aux lèvres. Le soleil baissait; toutes deux remontèrent. Cependant, Zéphyrin avait reparu. avec un bouquet de persil, qu'il épluchait en lançant à Rosalie des regards assassins. La bonne, à distance, se méfiait, maintenant qu'il n'y avait plus personne ”
Dictionnaire de théologie catholique
“ La vérité est que Calliste était regarde, malgré un insuccès passager, comme très entendu en affaires et comme un clerc digne des plus hauts emplois. 2° Vie de Calliste sous le pontificat de Zéphyrin (200218) . — 1. D’après les Philosophumena, Zéphyrin, esprit faible, sans portée, sans instruction, sans clairvoyance et avide d’argent, est circonvenu par la ruse adulatrice et les présents intéressés de Calliste. ”
Jules Verne,
La Chasse au Météore
“ Une revue scientifique a le droit d’être plus technique qu’un grand quotidien. Celle-ci ne s’en faisait pas faute. Les éléments du bolide — trajectoire, vitesse, volume, masse, nature — n’y étaient donnés en quelques mots, qu’après des pages de courbes savantes et d’équations algébriques. Zéphyrin Xirdal s’assimila sans effort cette nourriture intellectuelle de nature pourtant assez indigeste, après quoi il jeta un coup d’œil sur le ciel et put ainsi constater qu’aucun nuage n’en tachait l’azur. ”
Eugène Sue,
Mathilde, Mémoires d’une jeune femme
(1841)
“ Mademoiselle Zéphyrine, fille pleine de zèle, d’intelligence et surtout de fidélité, trouva au fond d’une impasse qui aboutissait à une rue déserte d’un des faubourgs les moins fréquentés de Paris, une véritable cellule de trappiste. Le surlendemain du bal de la Mi-Carême, votre belle rivale, abandonnant tout ce qu’elle possédait à l’hôtel de Maran, partit lestement dans un fiacre avec mademoiselle Zéphyrine, et gagna sa retraite cénobitique, d’où elle ne sortit pas pendant quinze jours, lesquels quinze jours M. de Lancry passa à battre Paris et ses environs sans pouvoir rattraper sa fugitive. ”
Anatole France,
La Révolte des anges
(1914)
“ Un débauché, qui ne croit pas en Dieu !... C’est là le pis, monsieur Sariette, car sans la peur de Dieu... Longtemps Zéphyrine se répandit en invectives. Et lorsqu’elle fut à bout de souffle, M. Sariette en prit avantage pour l’exhorter au calme et la ramener à l’espérance. Guinardon reviendrait : on n’oublie pas cinquante ans de concorde et d’union... Ces doux propos soulevèrent des fureurs nouvelles et Zéphyrine jura qu’elle n’oublierait jamais l’affront qu’elle venait d’essuyer, qu’elle ne recevrait plus ce monstre chez elle. ”
“ Bilboquet haussa les épaules, et me toisa dédaigneusement. — Connu ! connu ! s’écria-t-il ; c’est la troisième fois que Zéphyrine s’amuse ainsi aux dépens des âmes sensibles qui ont comme vous vingt ans et un habit bleu-barbeau. Elle éprouve de temps en temps le besoin de me quitter ; mais elle revient toujours au bercail : je suis si bon pour mes pensionnaires ! Rendez-moi Zéphyrine, jeune imprudent ; la représentation va commencer, et il faut bien que quelqu’un crie : Prenez vos billets ! — Tu mens, tu n’es qu’un vil imposteur ! ”
Comtesse de Bassanville,
Les Contes du bonhomme jadis, ou les Nouvelles amusantes tirées de la mythologie…
(1861)
“ Le dieu la regarde, plane sur elle, la couvre de pavots blancs qu'il avait pris entre ses mains, et revole en silence vers son antre paisible. Alors Zéphire voltige doucement pour la réveiller, et sourit de plaisir en voyant les roses de la vie revenir sur sa charmante figure ; puis, quand elle ouvre ses beaux yeux à la lumière, il lui répète les paroles de paix du prince son époux, et, la soulevant doucement, il l'emporte sur le rocher couvert de myrtes et d'orangers qui forme la frontière du royaume de Vénus. ”
“ Ensuite, j’avais pensé, Phydime, qu’il va vous falloir un gendre avant longtemps. Vous pourrez pas toujours faire tout votre ouvrage tout seul, et je suis pas mal certain que Zéphirin fera votre affaire. C’est pas pour le vanter, mais il a de l’œil et du pied. Ça travaille tout le temps, et ça dit jamais rien. Il se fâche pas, il sacre pas, il est toujours content, que ça aille bien ou que ça aille mal ”
Sully Prudhomme,
Poésies de Sully Prudhomme : 1878-1879
“ Le zéphyr semble errer comme un lutin joyeux, Chaque être a l’air d’agir comme il l’aime le mieux, Cependant chaque atome aveuglément circule : De l’haleine des vents la moindre particule Doit son vol et sa route au branle entier des cieux ; La plante est une horloge ; et sans se dire : « Où vais-je ? » Le papillon voltige ainsi que flotte un liège, D’équilibre et d’instinct tout son caprice est fait ; Et la main qui l’a pris n’a pu faire autre chose. Nul acte qui ne soit un nécessaire effet, Nul effet révolté contre sa propre cause ! ________ une voix. ”
Alexandre Latil,
Les Éphémères
“ Simple dans tous ses goûts, simple dans sa parure, C’est une tendre fleur Qu’un souffle du zéphyr un matin fait éclore ; Sur sa tige elle brille, à peine à son aurore, Et parfume les airs de sa suave odeur. ”
Thomas Corneille,
Poèmes dramatiques de Thomas Corneille
“ Zéphire. Je prendrois grand plaisir à ne te rien cacher ; Mais veux-tu, parce que je t’aime. Que l’Inconnu me vienne reprocher Que ma langue ait fait tort à son amour extrême ? C’est de tous les amans le plus passionné, Rien ne sauroit égaler sa tendresse ; Mais il veut être sûr du cœur de sa maîtresse, Avant que son secret lui soit abandonné. Céphise. Qu’il ne craigne rien, Psyché l’aime. Tant de soins de lui plaire ont vaincu sa fierté. Zéphire. ”
ʿAbd al-Wāḥid al-Marrākušī, Histoire des Almohades (1893)
“ Doux zéphyr, porte mes saluts à quelqu'un dont les vœux, s'ils m'arrivaient malgré la distance, me rappelleraient à la vie ! Ne crois pas que ton absence, même prolongée, puisse changer mes sentiments, car l'absence est impuissante à changer les amants. Mon amour, je le jure, ne t'a rien demandé en échange, et mes désirs n'ont pas cessé d'aller à toi. Depuis longtemps, ô (mon beau) jardin, mes yeux n'ont cueilli chez toi ni rose ni narcisse, que pourtant le zéphyr a cueillis d'un coup de dent ! [P. 76.] ”
Alfred Blot, Idéales poésies, par Alfred Blot (1870)
“ Comme sur les roseaux le souffle du zéphyr, On sent passer sur elle un frisson de plaisir ; Tous les yeux sont fixés au centre, sur la terre ; Les applaudissements partent comme un tonnerre, Dernier salut d'un peuple à ceux qui vont mourir ! Il est là ! sur son bras s'affaisse son front pâle, Les gouttes d'un sang noir s'échappent de son sein ”
