“ Dosithée avait encore appris que, pas plus que l’homme, la femme n’est faite pour le bonheur parfait. Loin de penser comme ces femmes égoïstes et stupides qui demandent sans cesse le bonheur à leur mari et ne l’attendent que de lui seul, Dosithée, elle, songeait à se marier et se promettait de travailler au bonheur de son mari, sûre qu’elle était que, de ce fait, elle bâtirait en même temps son propre bonheur. ”
Dosithée
Définition et enjeux
Citations sur “Dosithée”
“ En se mariant Dosithée suivrait son mari, et celui-ci demeurait loin... à quarante milles de là ! Phydime désirait garder sa fille avec lui, tout autant qu’elle souhaitait de demeurer toujours chez son père. Et si, de son côté, Dame Ouellet avait pris temps de la réflexion, elle aurait éprouvé la même inquiétude que son mari : elle non plus ne pourrait facilement se séparer de sa fille ! N’importe ! il fallait avoir confiance, et Dieu, comme toujours, saurait bien arranger toutes choses pour le plus grand bonheur de tous. ”
Jean Barrin, Vénus dans le cloître ou la Religieuse en chemise… (1683)
“ Car dire que la dévotion puisse défaire une personne de ses scrupules, c’est dire qu’un aveugle est capable d’en tirer un autre d’un précipice. Angélique. — Écoute-moi seulement, et tu connaîtras que je ne t’avance rien qui ne soit véritable. Sœur Dosithée, comme on peut remarquer à ses yeux, est née d’une complexion la plus tendre et la plus amoureuse du monde. Cette pauvre enfant, à son entrée en religion, tomba entre les mains d’un vieux directeur ignorant au superlatif, et d’autant plus ennemi de nature que son âge le rendait inhabile à tous les plaisirs qu’elle proposait. ”
“ Dame Ouellet s’assoupissait à nouveau sur son tricot. — Non, Dosithée, ça vaut pas la peine de lire, ta mère n’entendra rien. Tiens ! entends-la qui ronfle à s’étouffer. La jeune fille regarda sa mère et sourit. — Phémie ! Phémie ! cria Phydime. La brave femme cessa de ronfler, mais elle n’en continua pas moins à dormir. Le fermier se remit à fumer silencieusement, tandis que Dosithée lisait des yeux une page de son livre. ”
“ Zéphirin s’en alla donc comme il était venu, avec un peu d’espoir, mais beaucoup d’incertitude sur le compte de Dosithée. Le lendemain, Dame Ouellet, qui ne savait pas mentir, dut bientôt avouer à sa fille que Phydime ne tenait pas beaucoup à Zéphirin pour gendre. Cette déclaration, au lieu de rassurer la jeune fille, l’inquiéta d’avantage. Pour la première fois peut-être en sa vie elle commença à sentir les âpretés de l’existence, et elle eut peur de devenir malheureuse. ”
“ De temps en temps il soupirait fortement, regardait sa femme comme s’il allait lui communiquer ses pensées, puis, voyant celle-ci somnoler sur son tricot, il abaissait ses regards sur le plancher et reprenait le cours de ses méditations. La rentrée de la jeune fille dans la cuisine réveilla Dame Ouellet qui demanda : — Vas-tu te coucher bientôt, Dosithée ? — Me coucher, maman ? sourit la jeune fille en s’asseyant à une extrémité de la table où un livre était posé. Je ne sais pas, parce que je ne m’endors pas encore. Et vous, maman, et vous, papa... ? ”
Benjamin Doudet, Les récits d'une soeur aînée
“ Odette s'était agenouillée et éclatait en sanglots. - Alors, j'ai regardé autour de moi, j'ai cherché le plus doux visage, les yeux les plus beaux , le cœur le plus chaste, et je me suis écrié : Odette ! ô mon Dieu ! il n'y a qu'Odette! - 0 mon Dieu! sanglolait la jeune fille, écartez de moi ce calice! - Dieu te montre un christ au calvaire et te crie : quand j'ai voulu sauver les hommes , je leur ai donné mon fils ! Odette se releva et jeta un long regard sur le crucifix qui surmontait son prie-Dieu. — Mais, reprit-elle, la folie du roi est terrible. Il frappe, il déchire, il tue ! ”
Auguste Dozon,
Poésies populaires Serbes
“ Sous la tente étaient trente jeunes filles, et au milieu d'elles le noir Maure. Ouço voyant que Doïtchin ne voulait point le lâcher, sauta sur le dos de son cheval, sa lance de guerre à la main; et tous deux, pressant leurs coursiers, s'élancèrent dans la vaste plaine.—«Frappe (le premier) , débauché, s'écria l'infirme Doïtchin, frappe, que tu n'aies point à te plaindre.»—Le noir Maure lance son javelot, mais l'alezan était fait à la guerre, il s'inclina jusque sur l'herbe verte, le javelot par-dessus lui passa et rencontrant la terre noire, s'y enfonça à moitié, l'autre moitié tombant brisée. ”
Zinaida Aleksandrovna Volkonskaĭa, Quatre nouvelles, par Mme la princesse Zénéide Volkonsky… (1819)
“ Dosita bénit le Grand-Etre, lorsqu'elle voit qu'un épais nuage de sable les sépare de la caravane de Domba. Néalée , qui porte dans son coeur celte piété que la nature imprime dans les âmes tendres , Néalée , indifférente à l'espoir de recouvrer sa liberté , insensible à la crainte de retomber dans l'esclavage , n'a pas entendu sans une vive émotion les actions de grâce que Dosita adresse au Créateur. ”
Auguste Dozon,
Poésies populaires Serbes
“ «Par Dieu! jeune homme, ce qui parfume mon sein, ce n'est ni le coing, ni l'orange, ni l'immortelle, ni le basilic, mais une âme virginale.»LXI —«Fillette, ma violette mignonne, je t'aimerais, mais tu es petite. —Aime-moi, ami, à mon tour je deviendrai grande: menue comme un grain est la perle, pourtant elle se porte à un col royal; petite est la caille, pourtant elle lasse coursiers et chasseurs.»LXII Pierre Doïtchin, le ban de Varadin, boit du vin. il en a bu pour trois cents ducats en un jour, et encore avec cela (pour) son cheval noir et sa masse dorée. ”
Auguste Dozon,
Poésies populaires Serbes
“ Le bon cheval reconnaît son maître, et il commence à caracoler avec vigueur; Doïtchin le pousse par la tcharchia, et il bondissait avec tant de force, qu'il faisait sauter les pierres du pavé, si bien que les marchands de Salonique disaient: «Gloire à Dieu l'unique! Depuis que Doïtchin est mort, jamais plus brave guerrier n'a traversé Salonique la blanche cité ni monté un meilleur cheval.»Doïtchin sortit dans la vaste plaine, du côté de la tente du noir Maure. ”
Henry Gréville,
La fille de Dosia
“ J'ai eu tort: toute créature a ses instincts, ses sentiments, ses impressions qui lui sont propres et qui lui font une originalité;--vous ne pouviez pas...--Etre pareille à Sophie? interrompit Dosia avec un soupir. Oh! non!Elle retira sa main que Platon essayait timidement de retenir, poussa un second soupir et détourna les yeux.--Telle que vous êtes, Dosia reprit Platon, vous êtes bonne et charmante; vous méritez l'estime et l'affection de tous... et vous l'avez.Un regard interrogateur, habitude de malice ou de coquetterie, glissa entre les paupières de la jeune fille, puis retomba. ”
Henry Gréville,
La fille de Dosia
“ Platon, revenu, redevenu devant elle, étudiait sa physionomie mobile. Elle ne parut point surprise de le voir.--Je voudrais être morte dit-elle avec douceur, sans autre expression qu'un peu de fatigue; c'est difficile de vivre!Frappé au coeur, il garda le silence un instant.--La vie est longue heureusement, commença-t-il avec un vague sourire. On a le temps de changer....Le regard de Dosia arrêta sa plaisanterie innocente, qui lui parut sonner aussi faux qu'une cloche fêlée.--C'est trop difficile de vivre! répéta Dosia en secouant tristement la tête. ”
Homère,
L’Odyssée/Traduction Leconte de Lisle
“ Dis-moi une partie de ces choses, Déesse, fille de Zeus. Tous ceux qui avaient évité la noire mort, échappés de la guerre et de la mer, étaient rentrés dans leurs demeures ; mais Odysseus restait seul, loin de son pays et de sa femme, et la vénérable Nymphe Kalypsô, la très-noble Déesse, le retenait dans ses grottes creuses, le désirant pour mari. Et quand le temps vint, après le déroulement des années, où les Dieux voulurent qu’il revît sa demeure en Ithakè, même alors il devait subir des combats au milieu des siens. ”
Homère,
L’Odyssée/Traduction Leconte de Lisle
“ Je te dirai les douleurs que tu es destiné à subir dans tes demeures bien construites. Subis-les par nécessité ; ne confie à aucun homme ni à aucune femme tes courses et ton arrivée ; mais supporte en silence tes maux nombreux et les outrages que te feront les hommes. Et le subtil Odysseus, lui répondant, parla ainsi : — Il est difficile à un homme qui te rencontre de te reconnaître, ô Déesse ! même au plus sage ; car tu prends toutes les figures. ”
Paul Scarron,
Le Roman Comique
(1866)
“ Ce que vous me dites là est bien galant , repartit Dorothée , et je m' étonne fort qu' un homme qui sait dire de pareilles choses n' ait point encore ici choisi de dame à qui il pût débiter sa galanterie . N' est -ce point qu' il ne croit pas qu' elles en valent la peine ? C' est plutôt qu' il se défie de ses forces , lui dit dom Sanche . Répondez -moi précisément à ce que je vous demande , lui dit Dorothée , et m' apprenez confidemment celle de nos dames qui aurait le pouvoir de vous arrêter dans Séville . ”
Homère,
L’Odyssée/Traduction Leconte de Lisle
“ Mais moi, je suis Déesse, et je t’ai protégé dans tous tes travaux, et je te le dis hautement : Quand même cinquante armées d’hommes parlant des langues diverses nous entoureraient pour te tuer avec l’épée, tu n’en ravirais pas moins leurs bœufs et leurs grasses brebis. Dors donc. Il est cruel de veiller toute la nuit. Bientôt tu échapperas à tous tes maux. Elle parla ainsi et répandit le sommeil sur ses paupières. Puis, la noble Déesse remonta dans l’Olympos, dès que le sommeil eut saisi Odysseus, enveloppant ses membres et apaisant les peines de son cœur. Et sa femme se réveilla ”
Auguste Dozon,
Poésies populaires Serbes
“ Quand le noir Maure vit qu'il n'y avait plus à Salonique de champions en état de le combattre, il frappa sur la ville une contribution: chaque maison devait fournir un mouton, une fournée de pain blanc, une charge de vin rouge, une coupe d'eau-de-vie distillée, avec vingt jaunes ducats, et une belle fille, fille ou nouvelle mariée, venant à peine d'être emmenée par son mari, et encore vierge [4] . Tout Salonique acquitta le tribut, et le tour vint à la maison de Doïtchin. Or Doïtchin n'avait personne avec lui, que sa fidèle épouse et Ielitza, sa chère sœur. ”
Edouard Schuré,
Revue des Deux Mondes
“ Les rues sont en fête, les fleurs pleuvent, le peuple pousse des cris de joie. Mais Doïtchine traverse la foule au galop, l’œil sombre, droit comme sa lance, sanglé dans sa toile, sur son cheval de guerre. ”
Oscar Noirot, Le prix d'un mari (1880)
“ Rassurez-vous, de grâce ! Ni votre fille, ni vous, – ni vous, répéta-t-il, – ni personne des vôtres n'aura rien à craindre jamais à cause de moi. Je vous jure. – Mon ami, que veux-tu ? demanda Dorothée, entrant toute bouleversée, tu veux me parler, mon ami ? Oh ! mon Dieu, murmura-t-elle, il se meurt ! – Oh ! mon Dieu ! s'écria Clotilde, fondant en larmes. – J'ai encore un peu de vie, dit M. Audran... Ne pleure pas, ma fille ! Il l'attira de sa main si faible, et l'embrassa. Il embrassa aussi Dorothée qui se pencha vers lui. 1 – Dorothée, reprit-il, laisse-moi donner la main à M. Varin. ”
Edmond Rousseau, Le château de Beaumanoir
“ Écoutez-moi bien, Claire je vais vous raconter ce que j’allais vous dire le soir du sinistre qui a détruit la maison de votre père. Dorothée a dû vous apprendre dans quel état elle m’a quittée, après la lecture de votre lettre. Je ne savais que faire, que tenter, quel parti prendre. Tantôt je voulais me rendre au palais, provoquer Bigot sur l’heure, le tuer ou me faire tuer par lui ; tantôt je voulais me rendre auprès de vous, faire appel à votre amour, vous emmener bien loin, vous enlever de force, s’il le fallait. ”
George Eliot,
Middlemarch
(1872)
“ Dodo ! il faut que tu gardes la croix !– Non, non, chérie, non, dit Dorothée qui leva la main en signe de refus insouciant.– Si, je le veux. Elle irait très bien sur ta robe noire, vois-tu ? Prends-la, je t’en prie.– Pour rien au monde ! pour rien au monde ! Une croix surtout est le dernier bijou que je voudrais porter.Dorothée frémit légèrement.– Alors tu me blâmeras de la porter ! dit Célia mal à l’aise.– Non, non, chérie, dit Dorothée en caressant la joue de sa sœur. Vois-tu, les âmes comme les visages ont leur teint : ce qui sied à l’une ne sied pas à l’autre. ”
Émile Faguet,
Essais et Notices - Ascension, par M. Charles de Pomairols
“ Lutte contre lui-même. Le Destève qui a le droit de vivre s’insurge contre le Destève qui a le sens du devoir et qui se dit que, s’il se remarie, l’éducation de sa fille est compromise juste au moment le plus délicat et le plus grave. C’est ce dernier Destève qui l’emporte. Destève continuera à protéger, à éclairer et à agrandir l’âme de sa fille. C’est un ordre qu’une tombe chérie lui donne, qu’il entend et auquel il sent qu’il ne peut pas désobéir. Les années passent. Destève a un gros ennui. On veut le déraciner. Professeur à la Faculté des lettres de Toulouse, on veut l’envoyer à Caen. ”
Benjamin Doudet, Les récits d'une soeur aînée
“ L'appartement était sombre. Aucuue lueur. Aucun bruit. Le roi se leva. A peine était-il debout que ses anciens gardiens entrèrent toujours sombres, toujours masqués. Le roi les regarda sans peur et leur dit. — Qu'on aille me quérir ma petite sœur Odette ! Personne ne bougea. Charles porta les mains à son front et s'absorba un instant dans ses méditations. Son cerveau encore faible cherchait à se rappeler les événements de la veille. Soudain, il poussa un grand cri. Les gardiens s'approchèrent pour le saisir. Il les écarta d'un geste : — Qu'on aille me quérir la reine, dit-il doucement. ”
P. Albane, Les Lettres de Hermann et Dorothée
“ Hélas ! elle se joue de moi, et je m’aperçois avec terreur que mon cœur se trouble à ces badinages perfides. Le démon de la volupté, sous les traits charmans de Fidelis, s’est chargé de venger Dorothée. Je le sens, et n’ai plus le courage de rompre ma chaîne... Te le dirai-je aussi ? le souvenir de Dorothée m’inspire désormais un invincible ennui ; je pressens ses reproches, son mépris hautain, l’âpreté de son chagrin ; elle a au plus haut point le pédantisme de la vertu, qui est le plus insupportable de tous... Le sort en est jeté ; je suis amoureux de Fidelis... ”
Thomas Corneille,
Poèmes dramatiques de Thomas Corneille
“ Dorotée Va, tu n’y perdras rien. Admire cependant aux termes où nous sommes Combien j’avois raison de haïr tous les hommes, Puisque Oronte, en faveur de qui ce triste cœur Relâchoit un orgueil qui fait tout mon bonheur. Cet Oronte me fourbe, il me joue, il me brave, Et pris en d’autres fers, feint d’être mon esclave. Mais qu’à propos sa feinte a su se découvrir ! Avec ce lâche Amant j’étois prête à m’ouvrir, À prendre son avis pour rompre un Hyménée...Lisette Vous l’espérez en vain, la parole est donnée. Votre Père vous presse, et pourra tout sur vous. ”
Edmond Rousseau, Le château de Beaumanoir
“ Dorothée se pencha vers elle : — Vous ne m’entendez pas, Claire ? dit-elle d’une voix douce et avec un accent insinuant. Claire lui étreignit les mains. — Si ! dit-elle. Je t’entends. — Et vous dites ? — Je dis... que puisque Dieu m’a pris ma mère, il ne pouvait placer auprès de moi que toi, ma bonne Dorothée, pour la remplacer. — Claire ! dit Dorothée avec des larmes dans la voix et en l’embrassant. — Oh ! ma sainte mère doit te bénir là-haut ! Et Claire se jeta dans ses bras. — C’est le jeune homme qui vous a sauvé la vie, le jeune homme au bouquet, n’est-ce pas, que vous aimez ? ”
“ Mais nous, gens obscurs, avec nos paroles et nos actions de tous les jours, nous préparons à un grand nombre de Dorothées des vies où il pourra se rencontrer des sacrifices bien autrement tristes que celui de la Dorothée dont nous connaissons l’histoire. ”
James Fenimore Cooper,
Satanstoe
“ Croiriez-vous, Corny, que j’ai une grande envie de consulter la mère Dorothée ! — Dorothée ? Ce n’est point sans doute de la cuisinière de M. le maire que vous voulez parler ? — Non, la mère Dorothée ! on dit que c’est la meilleure diseuse de bonne aventure qui ait jamais demeuré à Albany. Mais peut-être ne croyez-vous pas aux diseuses de bonne aventure ? je sais qu’il y a des gens qui n’y croient pas. ”
Henry Gréville,
La fille de Dosia
“ Dosia fit entendre le petit rire contenu qui était chez elle l'indice d'une joie délirante.--Je vois bien ce que miss Bucky a appris chez vous, dit Platon en souriant, mais je ne saisis pas ce qu'elle vous a enseigné?--Oh! reprit Dosia devenue sérieuse, bien ces choses! La Ballade de sir Robin Gray, l'art de faire des paysages avec de la sauce et une estompe..., vous savez? on barbouille tout le papier, et puis on enlève les blancs avec de la mie de pain. Il n'y a rien de plus drôle. ”
