Oscar Noirot

Résumé

Oscar Noirot Le prix d'un mari (1880)

Elle avait un bon vouloir indéfini. Complaire à tous ceux qu aimait son père ou sa mère, comme à eux-mêmes, tenait lieu maintenant de tous les caprices à cette enfant gâtée. Cela allait si loin, et semblait une chaîne si charmante, que Mlle Trévinet, s'attribuant un exemple salutaire, disait fièrement à Dorothée : – Mon amie, cette enfant-la fera comme moi, elle restera avec vous, – et que M. Audran pensait, en songeant à Georges : – C'est moi qui lui donnerai son mari.
Le caractère ne change pas. Que s'était-il donc passé
dans le coeur de la jeune fille, que s'y passait-il ?
Source : Gallica

Oscar Noirot Le prix d'un mari (1880)

L'amour est fatal. Elle ne m'aime pas : je l'aime toujours.
– Elle vous aimera, Georges, elle vous aimera. Il faudra bien qu'elle vous aime... Elle ne vous connaît pas... Je veux lui parler : je veux qu'elle vous aime, qu'elle vous épouse... Non, non, mon ami, nous ne nous quitterons pas.
M. Audran parlait avec une ardeur qu'avaient surexcitée les dernières paroles de Georges.
– Si, nous nous quitterons, répondit celui-ci.
– Non, mille fois non !
– Si. Je vous en prie, écoutez-moi. Mlle Clotilde m'aimât-elle, je ne pourrais plus encore l'épouser : j'ai manqué à sa mère.
Source : Gallica

Oscar Noirot Le prix d'un mari (1880)

Le gros Prince s'assit à la table de jeu, en face de M. Lordères.
– Clotilde, reprit le pharmacien, mets-toi donc au piano : ces messieurs jouent volontiers en musique ; cela plaira à ta mère ; et puis, ajouta-t-il plus gravement, cela rejouira ce bon Georges à l'officine ; si bon, si dévoué, qui me remplace absolument.
Et Clotilde s'étant assise au piano, son père se tint près d'elle, la regarda longuement avec une curiosité caressante, en lui lissant à maintes reprises les cheveux sur le front, mais du bout du doigt seulement, comme s'il eût craint de la blesser.
Source : Gallica

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