Michel Auvray

Résumé

Michel Auvray Contes d'automne (1865)

En ce moment, l'oncle Lambert entra et s'approcha de la fenêtre : — Eh bien, s'écria-t-il, qu'est-ce encore? La voilà qui pleure comme une Madeleine. Que lui as-tu fait? Pourquoi la tourmentes-tu? Je n'entends pas cela du tout, et, pour peu que tu lui déplaises, il est certain que tu ne l'épouseras pas.
— N'ayez souci, mon oncle, elle m'aime comme une folle.
— Comme une folle, c'est bien dit, car elle n'a pas l'air de jouir de la plénitude de sa raison. Tout à l'heure je l'ai surprise qui dévastait sa charmille, et faisait main basse sur toutes les fleurs épanouies.
Source : Gallica

Michel Auvray Contes d'automne (1865)

Je n'ai pas su choisir le séminaire, les tristesses de la solitude, de préférence à la demeure de Madeleine. Si je vais dans la maison de Dieu, c'est parce que je n'ai pas d'autre asile, parce que la fiancée que je m'étais choisie me repousse et me dédaigne. Cela vous paraît bien misérable, bien égoïste, cependant ce n'est pas tout encore. Sachez que si Madeleine revenait à moi, si j'apprenais qu'il ne m'est point impossible de l'épouser un jour, j'abandonnerais mes projets, j'oublierais ma vocation, et, fussé-je à la veille de prononcer mes vœux, je quitterais tout pour revenir à elle
Source : Gallica

Michel Auvray Contes d'automne (1865)

Suzanne secoua la tête.
— M. de Lancy, dit-elle, qui est en Angleterre depuis trois mois, m'écrit que si je lui pardonne, il mourra d'autant plus tranquille qu'il n'a pas à se reprocher d'avoir causé le malheur de son cousin, celui-ci étant sur le point d'épouser sa fiancée d'autrefois.
— Il se marie? Et toi, ma Suzanne.
— Moi, ma tante, je ne me marie pas, c'est évident, dit-elle en s'efforçant de sourire.
— Ainsi toujours, toujours seule au monde.
— Seule? Non pas. J'ai su me choisir des amis fidèles qui ne m'abandonneront jamais.
Source : Gallica

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