Jules Dautin

Résumé

Jules Dautin La bossue (2e édition) (1877)

Clémentine écoutait avidement. Déjà cette idée lui était venue ; mais elle n'avait pas osé s'y arrêter. Le ton convaincu de Luce la lui rendait maintenant vraisemblable.
- Oui, c'est possible, dit-elle, si j'étais libre; mais je ne le suis pas.
— Tu le seras bientôt ! s'écria la bossue avec sa brutalité de paysanne. Est-ce que tu ne vois pas ton mari ?
Il est méconnaissable ; il a la mort dans le ventre, c'est évident.
Clémentine tressaillit ; puis, comme si elle avait honte de traiter un pareil sujet : — Qu'importe que je sois libre, fit-elle, si, lui, il ne l'est plus ?
Source : Gallica

Jules Dautin La bossue (2e édition) (1877)

Clémentine, d'un bond, s'élança sur Suzanne, et, lui saisissant les poignets qu'elle tint serrés dans ses mains : — Quel mot as-tu prononcé là ? s'écria-t-elle.
— J'ai dit que tu étais une empoisonneuse, répéta la jeune fille en regardant sa belle-sœur dans les yeux et sans se dégager de son étreinte..
— Misérable! fit Clémentine; misérable! répéta-telle, sans trouver d'autre expression pour exprimer son indignation.
— Ah ! cela t'émeut, continua Suzanne ; tu croyais ton crime enseveli pour toujours !
- Mon crime!. un empoisonnement!. moi! et tu oses soutenir une pareille accusation?
Source : Gallica

Jules Dautin La bossue (2e édition) (1877)

Elle sourit doucement à M. de Charens et à Luce ; mais, en apercevant Clémentine qui venait derrière eux, la même impression d'effroi qui l'avait bouleversée les jours précédents se renouvela : ses yeux devinrent hagards, sa poitrine oppressée.
— Qu'avez-vous, ma chère Suzanne? demanda Louis.
Elle ne répondit pas; mais ses membres tremblaient, et toujours ses regards se reportaient anxieusement sur sa belle-sœur, comme sous l'empire d'une douloureuse fascination.
— Ah çà, est-ce que c'est moi qui te fais peur ? demanda Clémentine.
— Peur?. oh! oui. balbutia la jeune fille.
Source : Gallica

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