Adolphe Brassard

Résumé

Adolphe Brassard Péché d’orgueil

Il eut un cri :
Alix !
— Oui, mon bien-aimé, il n’appartient pas qu’aux Bordier d’avoir un seul, un seul et unique amour au cœur...
— Ah, vous m’aimez !... Divine et sainte ivresse, vous m’aimez ! Je le sens, je le vois dans vos yeux, par votre sourire. Tout le chante en vous...
Il la prit dans une étreinte frénétique.
— Votre amour, reprit-il passionnément, il m’enchante... Il nous ravit tous deux, si près l’un de l’autre, dans les bras l’un de l’autre, enlacés, éperdus de joie... Ah que c’est bon !... Que la vie est belle !... et vous êtes adorable...
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Adolphe Brassard Péché d’orgueil

Luce Lebrun resta veuve à vingt-neuf ans, âge où toute femme redoute le cap au sournois reflet d’automne. Déçue dans son premier amour, elle ne tourna pas pour cela le dos au mariage. Les hommes n’étaient pas tous des êtres stupides comme son premier mari ; elle espérait en rencontrer un qui lui apporterait le bonheur désiré.
Rousse, d’une beauté du diable, Luce fut remarquée par de bons partis bien disposés à la consoler de son veuvage par un second conjungo, et si dans le temps elle refusa leur offre matrimoniale alléchante, c’est qu’elle avait jeté son dévolu sur Paul Bordier.
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Adolphe Brassard Péché d’orgueil

Comme tous ceux des nôtres, père, vous n’avez eu qu’un seul amour dans votre vie. À celle qui l’a partagé et vous a devancé dans la tombe, vous ne voulez pas survivre, et vous mourez dans la force de l’âge. Combien d’années peut durer l’existence misérable d’un Bordier, avec son amour méconnu...
— J’ai eu tout pour me tuer, et toi, fils adoré, tu auras tout pour vivre, fit Étienne le visage illuminé, tu posséderas un jour l’amour de ta femme, et tes enfants ne te seront pas ravis. Souris à la vie. Que mes yeux ne se ferment pas sur les tiens désespérés.
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