Joseph Raîche

Résumé

Joseph Raîche Au creux des sillons

Paul Corriveau ouvrit la danse avec Jeanne Lamarre. Tout le monde les admirait. Ils étaient beaux, l’un et l’autre, lui avec son teint bruni, elle avec sa robe de toile frangée de laine, son corsage enjolivé de points d’aiguille.
Tout le monde danse, jeunes et vieux. Les jeunes dansaient les quadrilles qui étaient une danse nouvelle, les vieux les cotillons, les pavanes, les bourrées. On fit même danser un vieux et une vieille de quatre-vingts ans. C’était un spectacle attendrissant et joyeux que de voir ces braves gens démener leurs vieilles jambes, toutes raides des durs travaux de la vie.
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Joseph Raîche Au creux des sillons

Il parlerait et laisserait Marie choisir entre François et lui.
Les jours qui suivirent furent pour la jeune fille des jours d’un bonheur et d’un espoir rayonnants. Son amour chantait autour d’elle et tous ses gestes, toutes ses paroles allaient vers lui dans un même élan éperdu. Son père voyait cette joie et l’accusait secrètement de ne pas comprendre son amour ; il en souffrait. Mais il aurait sa revanche. C’est elle qui va souffrir quand j’aurai parlé, pensait-il. Elle aime l’autre, mais se croira tenue de se donner à moi.
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Joseph Raîche Au creux des sillons

Pendant ce temps Mai, indifférente, sans joie et sans enthousiasme, se laissait conduire au mariage, comme on va à une visite qui n’est ni agréable ni désagréable. Elle continuait l’échafaudage fantastique de ses rêveries, sans songer à l’amour qu’elle n’avait jamais ressenti. Quand Pierre venait elle lui parlait amicalement, distraitement, sans élan. Hortense trouvait mille prétextes pour sortir ou s’occuper, tant elle craignait que son cœur n’éclatât et ne criât son amour incompris.
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