Joseph Raîche

Élements biographiques

Joseph Raîche,  Au creux des sillons

“ Paul Corriveau ouvrit la danse avec Jeanne Lamarre. Tout le monde les admirait. Ils étaient beaux, l’un et l’autre, lui avec son teint bruni, elle avec sa robe de toile frangée de laine, son corsage enjolivé de points d’aiguille.
Tout le monde danse, jeunes et vieux. Les jeunes dansaient les quadrilles qui étaient une danse nouvelle, les vieux les cotillons, les pavanes, les bourrées. On fit même danser un vieux et une vieille de quatre-vingts ans. C’était un spectacle attendrissant et joyeux que de voir ces braves gens démener leurs vieilles jambes, toutes raides des durs travaux de la vie.
”
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Joseph Raîche,  Les dépaysés

“ La respiration comme un rayon opalin faisait battre légèrement les ailes du nez. Les yeux entr’ouverts se perdaient dans une extase d’argent.
J’entendis un souffle profond. L’âme frôla les lèvres pâles et glissa dans l’éternité.
Ses yeux venaient de s’ouvrir aux perpétuelles clartés : elle me voyait pour la première fois.
Une grande douleur descendit en moi.
Grand’mère Adélaïde sanglotait. Elle me prit la tête avec ses mains et m’embrassa. Je sentis ses larmes couler sur mes joues.
« Regrette ta grand’mère. Elle t’aimait tant ! Je ne pourrai jamais la remplacer. Chère Ursule. »
”
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Joseph Raîche,  Au creux des sillons

“ Il parlerait et laisserait Marie choisir entre François et lui.
Les jours qui suivirent furent pour la jeune fille des jours d’un bonheur et d’un espoir rayonnants. Son amour chantait autour d’elle et tous ses gestes, toutes ses paroles allaient vers lui dans un même élan éperdu. Son père voyait cette joie et l’accusait secrètement de ne pas comprendre son amour ; il en souffrait. Mais il aurait sa revanche. C’est elle qui va souffrir quand j’aurai parlé, pensait-il. Elle aime l’autre, mais se croira tenue de se donner à moi.
”
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