Joseph Raîche

Résumé

Joseph Raîche Les dépaysés

Cette fois, c’était bien la persécution ouverte et forcenée contre la petite institutrice. Son prestige ruiné à l’école où ses élèves se montraient de plus en plus rebelles, insolents et insubordonnés, et contre lesquels elle ne pouvait plus sévir sans s’exposer à d’autres scènes fâcheuses de la part des parents. Décriée, vilipendée, rabaissée à tous les foyers, elle se sentait impuissante à tenir tête à la marée montante des insultes et des calomnies. Une vie de souffrance, d’humiliation, d’angoisse et d’inquiétude commença pour elle.
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Joseph Raîche Les dépaysés

Elle l’aimait comme elle respirait, naturellement, sans se douter que ce fût de l’amour. Il occupait à présent sa pensée tout entière. Elle le cherchait des yeux à l’horizon, dans les prairies où ses occupations pouvaient l’appeler. Et lorsqu’elle l’avait trouvé, tout son cœur s’en allait vers lui dans un élan suprême. C’était à chaque moment du jour le divin chant de l’amour qui remplissait son âme. Ce sentiment était à la fois si doux et si violent, qu’elle se sentait défaillir de bonheur. Elle le revoyait dans tout ce qui l’entourait : dans les arbres, auxquels elle comparait sa robustesse
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Joseph Raîche Les dépaysés

« Mais, dites-vous, Adélaïde, cet enfant ne peut passer des journées à jouer. Il est temps de commencer à lui enseigner quelques prières et un peu de lecture, » disait grand’mère Ursule, dans une voix sereine comme le rêve derrière ses yeux clos.
Grand’mère Adélaïde qui ne comprenait pas ou comprenait mal répétait à tue-tête : « Un peu d’écriture ? »
« Non ! de lecture... et d’écriture aussi. » articulait grand’mère Ursule.
Je n’ai pas appris de prières à mes enfants avant qu’ils eussent dix ans ; trop tôt, c’est les dégoûter. Et maintenant, ils sont de bons chrétiens.
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