E. Sainte-Marie Perrin

Résumé

E. Sainte-Marie Perrin Revue des Deux Mondes

Il a dit la douceur candide des petites notes simples du moineau, « qui répète son invitation à la joie jusqu’à ce que les champs résonnent de plaisir ; » le chant clair du Veery, un petit oiseau d’Amérique qui chante, paraît-il, moins passionnément que le rossignol d’Italie, plus doucement que l’alouette d’Ecosse, plus gaîment encore que le merle des verdoyans jardins anglais ; qui chante à la fin du jour, dans les forêts du New-England, des notes claires comme des cloches, et que le poète voudrait entendre « le jour où la lumière de sa vie baissera. »
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E. Sainte-Marie Perrin Revue des Deux Mondes

Enfin, la grande modificatrice de l’idéalisme américain, sa grande cause d’épanouissement, c’est la nature. La différence dont se présentent, en Angleterre et en Amérique, le ciel, la mer, les rivières et les bois suffit à expliquer la différence du génie de leurs races de poètes, car on sait combien les lignes d’une terre modèlent une âme attentive. L’Américain connaît une nature libre, immense, dominatrice de l’homme, avec laquelle l’Anglais n’est pas familier, et qui élargit la vision de son âme, l’amplifie, ouvre son horizon intérieur, et lui communique sa béatitude.
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E. Sainte-Marie Perrin Revue des Deux Mondes

Il n’est pas de peuple si petit qui, abandonné à lui-même et prenant conscience d’une âme nationale, n’ait modifié son langage pour le rendre plus semblable à lui-même. Or, — mettant ici la prose à peu près hors de question, car plus que la poésie elle est un vêtement, — je me demande si dans les vers, créés par deux puissances qui doivent être aussi intérieures l’une que l’autre, il ne pourrait pas y avoir parfois un mystérieux désaccord entre elles. Là, le langage joue un rôle instinctif, impérieux, et doit correspondre aux formes les plus primitives du rêve et du sentiment.
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