Résumé

Jean Thorel Revue des Deux Mondes

On sait que pour Wagner l’art n’était pas une chose distincte de la vie, mais au contraire l’essence même de la vie, le cœur de la vie, pourrait-on dire, où le sang afflue de tous côtés, et d’où le sang, vivifié, se répand à nouveau partout, pour tout animer d’une pulsation toujours plus régulière et d’un rythme plus large. Rien de plus différent, on le voit, de cette conception réaliste qui n’aperçoit dans l’art que le fait de construire une sorte de miroir de l’époque, lui montrant ses défauts et ses qualités, mais qui laisse à d’autres forces le soin d’agir sur l’homme.
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Jean Thorel Revue des Deux Mondes

Que, par une forme accomplie, le vrai poète s’efforce à glaner du sourire, même dans un sujet pénible ! Qu’un noble rythme vienne adoucir et rendre belles toute douleur et toute tristesse ! Que même le cri d’angoisse qui s’échappe de la poitrine devienne de la musique pour l’oreille ! Que le javelot piquant de l’ironie soit tout d’abord plongé dans les vagues de la grâce, et que résonne avec harmonie l’arc qui le doit lancer !
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Jean Thorel Revue des Deux Mondes

Le retour à la nature et au phénomène rendra à la poésie lyrique toute la vérité de l’expression directe, toute la force de sentiment que peut seule engendrer la réalité. La poésie ne cherchera donc pas, avec Geibel et ses élèves, un simple poli de surface ; elle ne se contentera pas d’une langue émondée et purement harmonieuse, d’une beauté toute d’apparence ; elle devra toujours s’arrêter à l’expression caractéristique, à l’expression qui marie le plus complètement l’idée à la forme.
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