Résumé

Van Vorst Revue des Deux Mondes tome 38, 1907

« Donnez-moi la vie crue et violente et je serai votre poète. » Quelle que soit pourtant sa brutalité, jamais rien ne décèle en lui cette bassesse qui se détache du raffinement, pour goûter la perversion. Ce que l’on a constaté chez Whitman, c’est la totale absence de goût et de choix, des impulsions de primitif et, dans le domaine de la pensée consciente, un parti pris de réaction contre tout ce qui s’appelle dogme et sommation.
Ce n’est pas la beauté de la nature qu’il chante, mais la nature en bloc avec son sublime et son désordre apparent.
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Van Vorst Revue des Deux Mondes tome 38, 1907

Les rares poésies où l’amour est effleuré, comme à la dérobée, sont tristes. Était-ce à l’amour lui-même ou à quelque fiancée enlevée dans sa fleur que Whittier adressait ces vers : « Dieu ait pitié de nous tous qui évoquons en vain les rêves de la jeunesse. Car, de tous les mots douloureux que disent la langue ou la plume, le plus triste est encore : Cela aurait pu être. » Ce qu’il y a de certain, c’est que les biographes de Whittier ferment l’histoire de sa vie sans une allusion à une seule aventure de cœur.
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Van Vorst Revue des Deux Mondes tome 38, 1907

C’est le pays lui-même avec son immensité, la solitude de l’Ouest, l’étendue de sa prairie, la force démesurée de ses eaux géantes, la fatalité capricieuse de ses vents et de ses orages, qui vit dans l’œuvre du poète : l’Hudson, la Prairie, l’Hurrican, l’Orage de neige. C’est, d’autre part, l’âme des premiers pionniers qui s’attriste et s’épouvante dans des vers comme la Chute d’eau, la Mort et la Fleur, la Gentiane, l’Hymne de la Forêt.
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