Résumé

Portrait de Lya Berger Lya Berger Les Femmes poètes de la Belgique

Est-il étonnant, après cela, de constater que cette littérature qui eut, pour premiers balbutiements, des épopées, et dont le véritable éveil s’opéra aux sons de la diane lancée par la voix d’Ulenspiegel, le héros national, d’une saveur si flamande, subit profondément l’influence de la grande guerre ?
De même, peut-il sembler surprenant que, de tout temps, le coup d’archet de l’émotion ait, au souffle de l’air natal, fait éclore, en Belgique, beaucoup de poètes ?
La poésie est comme la respiration même des peuples doués de sensibilité.
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Mlle van de Wiele, écrivant depuis des ans et des ans, a été inlassable et jamais médiocre. Elle m’apparaît un esprit clair, opiniâtre, souvent presque viril... Son style, sans avoir l’élégance d’écriture, qu’à tort ou à raison on attend de la femme, a le charme de la simplicité, de la netteté, celle-ci parfois un peu sèche. Son cerveau est de ceux dont il ne sort jamais une sottise. La passion ne chauffe pas ses écrits, mais ils sont imprégnés d’un bon sens un peu rude en accord avec notre psychologie, Elle observe avec attention et justesse.
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La littérature n’est, pour ces femmes, ni le gagne-pain obligatoire qui oblige, parfois, à tant de compromissions et entraîne, en cas d’insuccès, le découragement et l’envie, ni la forme d’un snobisme au nom de quoi, en d’autres pays, nombre de « gourmands » ont envahi et détérioré le rosier nuancé de la pensée.
La poésie, chez elles, l’emporte sur la prose parce qu’il est plus facile, en un moment de loisir, au cours d’une promenade..., ou d’une nuit d’insomnie, de rimer quelques quatrains que d’élaborer des chroniques bibliographiques ou d’échafauder l’important travail d’un roman.
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