“ Il porta à ses lèvres un crucifix qu’il embrassa avec un ardent amour ; il pria un instant, de toute son âme, la Vierge des douleurs, que priait, chaque soir, sa mère pour lui ; puis, illuminé des visions radieuses de ceux qui meurent en paix, dans le morne silence du matin de cette salle d’hôpital, il s’éteignit en répétant les mots éternels de la mort : Jésus ! Marie !... puis : papa, maman, Jeanne ! au revoir, au revoir dans le ciel !... ... Paul mourut au point du jour ; à cette heure où la nature, dans les villes comme dans les campagnes, s’éveille dans son harmonie coutumière. ”
Résumé
Restons chez nous ! de l’auteur inconnu explore les tensions entre rêve et réalité à travers le destin de Paul Pelletier, un jeune homme confronté à la dureté de la vie en milieu rural canadien. Les thèmes de l’exil, de la monotonie et de la spiritualité traversent cette œuvre, marquée par des scènes poétiques liant le paysage naturel aux émotions humaines.
Les citations révèlent une quête de sens dans un cadre rural en contraste avec l’attrait des villes comme New York. L’œuvre, riche en symboles, souligne la fragilité des espoirs face à la rigidité de la vie quotidienne.
Citations de Restons chez nous ! ()
“ D’autre part, qu’il est cruel le supplice, quand on a l’impatience du jeune âge, d’être réduit à se demander chaque matin, comme Paul : le bonheur inconnu et tant désiré viendra-t-il aujourd’hui ?... La force vient de la vie, c’est vrai : plus une pensée, un sentiment, un amour ont été vécus, plus ils ont d’énergie : mais la fidélité à un espoir caressé, au bonheur qu’on attend a des bornes ; on se lasse d’espérer, et un bon jour on sent son cœur comme muré à jamais sous les pierres lourdes et massives du désenchantement. ”
“ La fin d’automne, dans les montagnes du Saguenay, c’est bien déjà l’hiver, tant les nuits sont glaciales. Mais tant que n’est pas venu le premier flocon de neige, le décor est toujours agreste quand, le soir, les grandes ombres s’étendent, croissent et descendent des collines en longs sillons qui enveloppent la ferme. À l’intérieur, les brindilles flambent toujours dans le gros poêle et répandent dans le logis la lumière incertaine de leurs pétillantes ardeurs. Mais au logis de la famille de Paul, il plane de l’inquiétude dans toutes les âmes et, au fond des cœurs, il y a des sanglots. ”
“ Toute cette transformation d’une âme, c’était l’œuvre muette d’un rayon de lune par une nuit calme, sur la grande mer bleue, d’un sanglotement de quelques flots et de la plaintive harmonie d’une brise nocturne... tant elle est vraie cette transfiguration du décor de la vie au travers de l’âme qui change. Non, ce n’est pas une fantaisie des poètes et des rêveurs d’associer la nature aux joies et aux tristesses de nos cœurs. La nature sourit ou pleure, aime ou s’irrite, vit ou meurt avec nous, que ce soit notre âme qui en transforme les paysages ou qu’elle se façonne sous leur aspect... ”
“ Aux pieds du calvaire de la route, deux femmes, une vieille et une jeune, sont prosternées ce soir, abîmées dans une douleur indicible, les épaules secouées de convulsifs sanglots, les joues ruisselantes de larmes brûlantes qu’elles laissent tomber, chaudes, abondantes, à croire qu’elles couleront toujours. C’est la mère de Paul et Jeanne, sa fiancée. Tout à l’heure, pendant que toutes deux, avec le père, prenaient l’air sur le seuil de la maison, en parlant du cher absent, elles avaient vu monter le curé, l’air soucieux, et, tout de suite, elles avaient compris. ”
“ Hélas ! j’en ai tant besoin... et j’en aurai, je vous le promets, monsieur le curé, merci ! Tous deux sortirent. L’air était gros de bouffées d’orage. De lourds nuages se ramassaient en haut et descendaient vite, là-bas, à l’horizon, où il s’en formait un amoncellement noir à faire peur... Et, soudain, comme le prêtre et le paysan arrivaient à la maison, un coup de vent souleva tout ce qui dormait sur terre. Une ombre opaque passa sur l’éclat du jour et une vague de poussière, de feuilles et de fétus de paille, galopa sur la route... ”
“ Mais ni la chanson de l’oiseau, ni celle de la brise dans les feuilles, ni même les notes de l’angelus du matin qui, là-bas, de l’autre côté du bois s’égrènent, légères et joyeuses dans la campagne ajourée, ne peuvent distraire ses pensées dans lesquelles il semble absorbé, un jeune homme de vingt ans, robuste, bien fait, qui, depuis près d’une heure, se tient debout, appuyé à l’une des fenêtres de la ferme qui donne sur le jardin. C’est en vain aussi que le parfum de la vieille terre, fraîchement remuée, l’odor agri, monte vers lui. ”
“ Et ce soir, appuyé mélancoliquement à l’unique fenêtre de sa chambre, Paul essaya de scruter, dans l’horizon des cheminées qui lui bornent la vue et les innombrables fils métalliques qui passent au-dessus de sa tête, les secrets décevants de cette vie qu’il avait imaginée si belle et qui était si triste. Hélas ! la bonne fée qui l’avait conduit jusqu’ici s’était envolée ; le charme était rompu et une première expérience de la vie lui apprenait qu’il ne faut pas confondre le rêve avec la réalité, qu’il est plus facile de former des projets que de les exécuter... ”
“ Les lueurs rougeâtres qui s’échappent du gros poêle tout rouge et dansent fantastiquement sur le mur leur paraissent sinistres... et le crépitement du bois franc, qui se tord dans le foyer, rompt, seul, le douloureux silence... Lui, Paul, regardait son père et sa mère ; il les regardait d’un air décidé encore, mais très doux, de plus en plus doux, avec une immense tristesse qui allait, s’accentuant. C’est qu’une lueur se faisait dans son esprit distrait et rêveur... ”
“ C’est Paul Pelletier... Ah ! ils sont loin, déjà, les beaux jours de la Malbaie et ceux, encore plus ensoleillés, de la Baie des Ha ! Ha !... La réalité dérange parfois nos idées comme le mouvement dérange une draperie. Lui qui croyait que la réalité c’était la liberté, la fortune, le plaisir : non, c’était le rêve, cela ; et la réalité, elle était là-bas, à la ferme, dans la pauvreté décente, même dans les petites privations, sauvegardes de la dignité... ”
“ Paul voit tout cela ; il entend toutes ces harmonies, ce soir, pendant qu’il est là-haut, dans son étroite mansarde, sous le toit glacial où la bise glisse et siffle comme une couleuvre et que la lune, narquoise, le regarde, à travers la fenêtre, du haut du grand ciel noir cloué de myriades d’étoiles... Une girouette grince lugubrement sous l’effort du vent qui siffle toujours... Dig ! dig ! dig ! dong ! chantent quand même à ses oreilles les cloches de là-bas... C’est égal, il est triste. ”
“ Le mal de n’avoir aucun cœur qui batte à l’unisson du sien, de ne connaître que la tristesse, puisqu’il n’a aucune affection, aucune personne pour l’aimer... le mal de fouler aux pieds un sol parsemé pour lui d’épines déchirantes et de ne respirer qu’un air trop lourd à sa poitrine contractée. — Oh ! que ce serait donc bon, alors, d’avoir une épaule amie pour pleurer et un peu d’affection pour se chauffer le cœur ! Comment en est-il donc arrivé à regretter les États-Unis, même ce New-York, où, pourtant, il a tant souffert et où il s’est si follement ennuyé ? ”
“ Oui, Jeanne est maintenant la sœur de ces âmes aux ailes blanches, aux apparitions mystiques, qu’un même élan de foi, d’espérance et d’amour, emporte vers les rivages de l’éternité, qui volent et planent entre le ciel et la terre, dans la lumière sublime, libres, et d’un coup d’aile s’élèvent au-dessus des misérables désirs de ce monde... qui passent à l’écart, sous le voile virginal, les yeux levés au ciel, chantant les louanges de Dieu et tenant dans leurs mains une croix entourée de lis... ”
“ Oui, que ce doit être bon de peiner des jours entiers dans une manufacture enfumée et empestée plutôt que d’être maître dans un champ embaumé par la grande nature du bon Dieu ; que ce doit être bon de sentir quelques pièces blanches dans son gousset et n’avoir pas le temps ou la liberté de les dépenser avec profit et plaisir, plutôt que de jouir de la vraie liberté des fils de la terre et n’avoir dans sa bourse que juste ce qu’il faut pour ne pas nous donner la fièvre de plaisirs insaisissables ”
“ Il ne sait, mais : rayon du ciel ou ange de Dieu, qu’importe !... Son imagination ouvre toute grande son aile et s’envole, légère et joyeuse, vers le pays ensoleillé de sa Jeanne, pour la retrouver là, belle et dans toute l’exquise fraîcheur de ses vingt ans... Et ils vont tous deux, leur cœur battant à l’unisson, par des sentiers ombreux, qu’illumine l’éclat de ses beaux yeux. Elle, le sourire aux lèvres, rayonnante et gracieuse, dans toute la troublante beauté dont le printemps de la vie a paré son front vierge de jeune fille ”
“ Là-bas, au village, l’église doit être illuminée comme en un rêve. Il y a des cierges, des fleurs, de l’encens et une grosse cloche qui carillonne gaiement ; si gaiement qu’elle semble avoir une âme et que de mignons anges s’amusent, ce soir, à la frapper à coups de marteaux : dig ! dig ! dong ! dig ! dig ! dong ! dig ! dong !... Tout le monde est en habit de fête ; les femmes bien enveloppées dans des pelisses de laine et les hommes calfeutrés dans de larges paletots au col relevé. Tous ont l’air heureux. ”
“ Jeanne finit sa lecture et pleura. La mère, elle, poussa un soupir, un de ces soupirs de femme raisonnable et forte qui sont, avec les larmes d’amour, les plus beaux trésors de la terre... Puisqu’il faut, hélas ! se résigner à les voir grandir, les enfants, il faut aussi s’attendre à tout de leur part. Quand ils sont tout petits, elles sentent bien les mères, que plus ils grandiront, moins ils seront leurs enfants ; elles savent bien que, parvenus à un certain âge, ils vont leur échapper, peut-être pour toujours. Ils ne cherchent qu’à se détacher, ces petits ingrats. ”
“ On n’aime jamais plus son pays que quand on s’en est éloigné et qu’on ne peut plus y revenir. C’est toujours l’éternel et irrésistible attrait du fruit défendu qu’il exerce sur nous ; il n’est pas un homme, on le sait, dans tous les temps et dans tous les lieux, qui ne se soit montré sous ce rapport, digne fils de notre mère commune Ève. Rien comme l’exil durement accepté pour nous faire remonter le flot de nos souvenirs de la famille. Paul, durant ses heures de travail, revoit, lui, jusqu’aux inoubliables années de l’enfance. ”
“ Si le bonheur existe quelque part sur la terre, il est dans la vie de famille, dans l’amitié franche et cordiale des parents, dans les joies simples que l’on goûte sous l’œil de son père et de sa mère, au milieu de ses enfants, de ses frères et de ses sœurs... La vie de famille, elle est si belle que, suivant une parole divine, elle est aimée de Dieu et des hommes ”
“ Dans les luxueux parterres de nos demeures, il y a des fleurs, très jolies, qui poussent aidées des soins d’habiles jardiniers. Leurs corolles embaument sans cesse, le jour, sous de chauds rayons, et la nuit, sous la rosée du ciel ; l’air est pur alentour et elles grandissent, toujours belles et parfumées. Mais, en quelque champ isolé, au milieu des ronces et des pierres, il en est d’autres qui essayent de s’épanouir, seules, privées de tout soin, sans qu’aucune main ne vienne, de temps en temps, redresser leur tige fragile ”
“ Cet automne, Jacques Pelletier est seul pour les labours ; il a été seul, l’été dernier, pour les foins et la récolte. Ah ! le travail a été dur, mais la récolte abondante : et aujourd’hui encore, dans le sillon qu’il creuse, il sème l’espérance pour l’année prochaine... quand l’hiver aura disparu... Il a bien vieilli, le pauvre père, depuis que son fils est parti, son cher Paul dont on parle si souvent à la maison, à qui il pense sans cesse, au milieu de ses humbles travaux, quand il tourne la glèbe avec cette sorte de lenteur active, et fait s’entr’ouvrir le sol qui sent frais et bon... ”
“ Un murmure assourdi de douces paroles chuchotées à voix basse, de sanglots étouffés, de baisers renouvelés avec tendresse ou passion court sur la foule affairée où les plus bruyants baissent la voix par compassion pour la douleur qui passe près d’eux sous un voile... Des bouquets embaumés arrivent pour des voyageurs et des voyageuses qui partent, frêles souvenirs destinés à survivre le plus longtemps à l’arrachement des adieux, et les notes d’une fanfare se font entendre dans un kiosque, à l’extrémité des quais... Pour Paul, il n’y a personne, ni sur les bords du navire, ni sur les quais. ”
“ De nos jours, hélas ! on peut dire que le caprice seul dirige les quelques émigrants qui partent encore, chaque année, pour l’« Amérique ». N’a-t-on donc pas tout ce qu’il faut, ici, pour vivre et pour vivre à l’aise ? Le pays se défriche et s’agrandit, les industries se créent, le commerce prospère, l’agriculture a fait du Canada, notamment de notre province, une des contrées les plus agricoles du monde ; il nous faut donc tous les bras dont la nation peut disposer, tous les efforts, toutes les intelligences des fils de la patrie, si l’on ne veut pas nous voir envahir par les étrangers. ”
“ Ce n’était pas la fortune, ni même l’aisance, mais le salaire qu’il retirerait l’empêcherait au moins de mendier et de mourir de faim, lui permettrait de vivre ; oh ! vivre, oui, vivre ; malgré tout ; malgré les désillusions, malgré les tristesses du présent et les terreurs de l’avenir ; vivre jusqu’au bout, au moins pour voir, s’il y avait un terme à la fatalité... Ce soir-là, Paul, renfermé dans sa chambre, après sa première journée de travail sur le sol américain, pleura de ces larmes qui rongent comme un acide et qui brûlent jusqu’au cœur. ”
“ La pauvre petite colonie canadienne prospère et grandit, malgré les obstacles, sur les bords du Saint-Laurent, et, tandis que chaque âme canadienne ouvre dans sa solitude un inviolable sanctuaire à la nouvelle patrie ; tandis que les premiers hommes politiques de la jeune nation s’appliquent à défendre le pays et à développer ses forces ; tandis que le peuple, ce fonds inépuisable de l’humanité, s’en va, croissant de jour en jour, se sacrifiant obscurément, sans connaître même la vertu de son sacrifice, le clergé, lui, accomplit silencieusement, son œuvre de paix et de régénération... ”
“ C’est que dans nos paroisses, l’âme du progrès, le grand ressort qui meut tout, c’est le curé. Chapeau bas, toujours et partout, devant ces héros. Grâce à eux, la paix règne dans nos foyers, parce qu’on aime et qu’on prie, et qu’avec la paix règne le bonheur... L’humble curé de la paroisse de Bagotville faisait partie de cette glorieuse phalange de nos prêtres colonisateurs et pacificateurs ; il possédait au plus haut degré cette salutaire influence sacerdotale dont le peuple a tant besoin. ”
“ « Quiconque s’abaissera sera élevé », lorsqu’elles vont, s’occupant de tous les devoirs, depuis les plus abjects, jusqu’aux plus élevés, jusqu’aux plus délicats. Et toujours le sourire sur les lèvres, toujours consolantes, entrant dans les chambres et les salles des malades comme un rayon de soleil, et leur laissant, toujours comme le rayon, le regret d’un départ trop prompt... Puissance étrange que certains êtres dégagent, sympathie mystérieuse et profonde qui apaise toute souffrance, comme une mère endort dans ses bras l’enfant qui pleure et se lamente, l’étoile dans la nuit... ”
“ Il sort de là d’étranges odeurs de fumée et d’alcool ; il en sort aussi des bruits d’enfer. Là, des groupes de sans-patrie, de sans-famille et de sans-travail vont faire tapage et s’étourdir, absorber, par besoin ou par bravade, d’incroyables quantités d’alcool, arrêter, comme à plaisir, la sève de leur vie, jeune pour la plupart. Il se passe là d’effrayantes bacchanales. Oh ! quelle tristesse navrante s’emparerait de nos cœurs s’il nous était donné, un instant, de pénétrer dans l’un de ces antres du vice et de la débauche ”
“ L’automne, encore une fois est venu, précipitant les nuits et les faisant longues, lugubres et glaciales. Pour l’heure, la beauté de la nature est dans la gamme harmonieuse des teintes effacées, le tout se confondant en vapeurs ardoisées et en ombres blondes, en ce quelque chose d’impalpable et de lavé, dernier reste de couleur, dernière flamme de vie qui s’effacera avec la première bise, le premier flocon de neige : nature condamnée et d’autant plus aimée qu’elle est à la merci du premier heurt de l’hiver... ”
“ Assez longtemps, l’oie grasse a cuit sur le poêle rougeoyant et il est temps de faire honneur au boudin et à la saucisse qui grillent, noircissent, se boursouflent et crèvent avec les crépitements de la braise... Le bon vin canadien, fait à l’automne avec les bleuets de la saison, mousse dans les gros verres à facettes qui brillent gaiement sur la nappe blanche, devant les assiettes à fleurs bleues... Vite à table, encore une fois ! Et dans chaque demeure de Bagotville, comme partout d’ailleurs, à cette heure, on se range autour de la table chargée, en criant Noël ! Noël... ”
“ Chez nous, Noël prend corps avec le Jour de l’An, avec, aussi, celui des Rois ; et nous avons les Fêtes. Les Fêtes !... À la campagne, tout s’anime à leur accent magique. La neige, le froid, la poudrerie, les bois dépouillés, chargés de neige et de verglas, craquant sous les coups de la brise, la tempête même, tout nous dit : voici les fêtes !... Et l’on aime à braver le froid ; et la neige nous fascine par ses reflets ”
“ Encore un son, oh ! combien doux celui-là : c’est un murmure, une voix de femme qui chante une vieille romance avec laquelle sa mère l’endormait jadis quand il était petit enfant... Ô mélancolique petite romance, il la reconnaît, de même que la voix aimée qui la lui murmure durant l’agonie... Oui, c’est bien elle la voix, celle de sa mère, et c’est bien elle aussi, la petite romance ; sa mère la lui avait apprise dans son enfance et il s’en rappelle un peu :... c’est un petit enfant qui meurt et que les anges emportent au ciel, là-haut, tout là-haut, au-dessus du firmament tout bleu ”
“ Cette vie est rude et peu rémunératrice. Par tous les temps, le débardeur est sur les quais, mouillé par la pluie ou cuit par le soleil. Et pour gagner les quelques sous qu’on lui promet, il lui faut fournir au moins dix heures de travail. Aussi, bien peu de ces ouvriers meurent dans le métier et l’on s’empresse de le quitter dès qu’on peut, malgré que cette vie au grand air où l’on ne dépend guère que de son caprice fasse que ce métier dur et incertain exerce sur certains caractères un incomparable attrait. ”
“ Durant deux jours et deux nuits la neige est tombée lentement, à flocons pressés et épais, couvrant tout d’un blanc linceul. La belle chose que la neige qui tombe silencieusement, adoucissant de sa nappe virginale tous les contours brusques ; mettant sa ouate immaculée sur les bruits du monde !... Le village, au loin, et toutes les habitations dispersées dans la campagne, disparaissent sous de perpétuels rideaux mouvants... à chaque coup de la brise, tout s’enfuit, sans bruit, sous un linceul, tout s’enveloppe d’un silence étrange et mystérieux, mélancolique. ”
Termes fréquents
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