Sophie Gay,
Un mariage sous l’empire
(1832)
“ Combien le dépit, la vanité, qui l’ont égarée un moment, ressemblaient peu au sentiment dont son âme se sent anoblir, à cet héroïsme du cœur qui fait tout immoler à l’honneur de ce qu’on aime ! Elle n’en peut plus douter, cet homme qu’elle a outragé, cet Adhémar qu’elle croyait haïr est devenu pour elle l’objet d’un culte sacré, d’une passion d’autant plus vive que les regrets, le remords l’alimente. L’idée de le tromper, d’usurper son amour lui fait horreur. — Qu’il parte sans me revoir, dit-elle ; enfin, qu’il m’abandonne à la honte de l’avoir trahi, au désespoir de le perdre ! ”
