Sophie Gay,
Souvenirs d’une vieille femme
(1834)
“ Mais pouvais-je m’éloigner d’Alexine, quand ce malheur la privait de son appui dans un pays étranger, et peut-être de la seule protection qu’elle eût contre l’autorité d’un fou furieux ? Non, dis-je, le ciel ne m’a inspiré un amour si déraisonnable, en apparence, que pour le salut d’un être faible, innocent, et dont la vie, sans cesse menacée, réclame mon secours. Je ne l’abandonnerai pas ; mes conseils, mon bras, ma fortune, ma vie, j’emploierai tout pour la délivrer d’un joug terrible. Ah ! ces faiblesses de l’âme, ces mouvements du cœur qu’on ne peut réprimer, c’est le secret de Dieu. ”
