Pierre Louÿs,
Poésies. Premiers vers, Astarté Chrysis…
(1930)
“ Tout s'éclaircit. Je vis resplendir l'Inconnue. La banquise était moins neigeuse que sa chair. Elle errait comme un bloc de glace dans la mer, Sous la lueur navrante et morte de l'hiver Dressant hors des flots noirs sa virginité nue. Et vers les cieux lointains, vers la nuit vide et nue, Vers les astres rêvés, obscurcis par la nue, Mondes cristallisés dans l'éternel hiver, Vers l'éther pur où souffle une brise inconnue, Vers un bleu plus profond que le bleu de la mer, Dans un baiser plus long que les baisers de chair. ”
