Théodore de Banville,
Les Voyageurs
“ Près d’elles, et parfois leur prêtant son épaule, Les nommant tour à tour l’une et l’autre : ma sœur, Passe, le front plus pur que les neiges du pôle, Un grave adolescent en habit de chasseur. Il les console ainsi : Courage, ô mes compagnes ! Bientôt dans les parfums nos pieds seront lavés. Après tant de forêts, de champs et de campagnes, Voici Paris sans doute, et nous sommes sauvés. Ils s’arrêtent d’abord au festin plein de flammes Où l’or, que rend vivant l’esprit des ciseleurs, Reflète follement, pour enchanter nos âmes, Le sang des noirs raisins et les lèvres des fleurs. ”
