Adolphe Wurtz

Résumé

Adolphe Wurtz Revue des Deux Mondes

N’avais-je pas raison de parler plus haut de légions innombrables de molécules, et l’esprit n’a-t-il pas quelque peine à concevoir de telles immensités, comme aussi à se figurer les petitesses inouïes des molécules matérielles ?
Une expérience finale de M. Crookes met en lumière toute la difficulté, mais aussi toute la grandeur de ces conceptions. Voici le même ballon de verre que nous avons considéré tout à l’heure : le vide y est fait à un millionième d’atmosphère.
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Adolphe Wurtz Revue des Deux Mondes

Celles qui s’élancent, fortement excitées, du pôle négatif, ne rencontrant que peu ou point de molécules dans toute l’étendue de l’espace obscur, aucune lumière ne jaillit : une lueur n’apparaît que par le choc des molécules électrisées contre elles-mêmes ou contre les parois du tube. À ce dernier on peut donner des dimensions telles, qu’après y avoir fait le vide à un millionième d’atmosphère, les molécules, presque entièrement soustraites au choc de leurs voisines, s’élancent du pôle négatif jusqu’à l’extrémité du tube, tout ce trajet représentant la distance de libre parcours.
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Adolphe Wurtz Revue des Deux Mondes

A la pression de quelques millimètres de mercure, un halo de lumière violette se montre à la surface métallique des ailettes ; dès que la pression diminue, l’espace obscur, dont il a été question plus haut, fait son apparition entre l’ailette et la lumière et s’allonge à mesure que la raréfaction augmente ; la rotation commence lorsqu’il s’étend vers les bords du verre, et devient très rapide lorsqu’il les touche, nouvelle preuve qu’il existe une corrélation entre le degré de raréfaction, l’étendue de l’espace obscur et les propriétés du résidu gazeux.
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