“ À travers les épis d’or et les champs de roses, Puisque tout s’offre à toi, les hommes et les choses, Et la belle moisson de pourpre du printemps. Ésope Et vous faites ainsi, je pense ? Cydias Et vous faites ainsi, je pense ? Tout le temps. Orétès Que chaque jour apporte une heureuse trouvaille. C’est au mieux ! Ésope C’est au mieux ! Et que dit le peuple, qui travaille Lorsque vous lui prenez tout et son dernier bien ! Orétès Que dirait-il ? Cydias Que dirait-il ? Rien. Orétès Que dirait-il ? Rien. Car le peuple, ce n’est rien. Il est né pour souffrir et labourer. ”
Théodore de Banville
Résumé
“Ésope”, est une œuvre de Théodore de Banville. Des thèmes tels que Ésope, Rhodope ou Crésus y sont abordés.
Citations de Ésope (Théodore de Banville)
“ Crésus Et toujours. C’est pourquoi je ne veux pas qu’il meure. Ésope Hélas ! les ouvriers du sol, durs paysans, Les tisseurs des métiers, les pâles artisans Souffrent, et quand la faim les mord comme un ulcère, Au lieu de pressurer leur chétive misère Et de prendre, sans rien comprendre et pardonner Le peu d’or qui leur reste, il faut leur en donner. Crésus, entrant dans la pensée d’Ésope. C’est cela ! Ésope C’est cela ! Car devant les vautours et les aigles, Cette guerre a foulé tes orges et tes seigles. Il ne te reste pas de vigne, pas un fruit. ”
“ Cydias Ce peuple qui soupire avec sa voix éteinte, Et dont nous entendons si vaguement la plainte Affaiblie, à travers les chants mélodieux, C’est la bête qu’on fouaille et nous sommes les Dieux. Ésope Mais quand fondra sur vous la sanglante folie De la guerre, comment la Lydie avilie Saura-t-elle braver les Mèdes chevelus ? Et comment saurez-vous mourir ? Cydias Et comment saurez-vous mourir ? On ne meurt plus. Ésope J’entends. Être un héros, ce n’est plus à la mode. Et tous, vous aimez mieux vivre. C’est plus commode. ”
