Théodore Faullain de Banville

Résumé

Théodore Faullain de Banville Socrate et sa femme

Xantippe, stupéfaite de sa propre action et comme foudroyée,
tombe aux pieds de Socrate.
XANTIPPE, à genoux. Avec confusion.
Misérable!
Voilà que je retombe en mon égarement.
Ta Xantippe n'est rien que démence et tourment.
Hélas! à quoi, taillée en une telle étoffe,
Peut-elle donc servir?
SOCRATE, la relevant et la prenant dans ses bras.
À faire un philosophe!
À Dracès.
Et toi, bon Dracès, prends Myrrhine par la main;
Savourez à longs traits, sans attendre à demain,
Le bonheur que les Dieux offrent avec largesse,
Et vous aurez aussi, par surcroît, la sagesse.
Source : Gutenberg

Théodore Faullain de Banville Socrate et sa femme

ANTISTHÈNES, à Socrate.
Pourquoi ces pleurs?
SOCRATE, montrant Xantippe évanouie.
Voyez Xantippe!
PRAXIAS.
Elle sommeille?
SOCRATE.
Elle meurt.
MÉLITTA, après avoir regardé Xantippe.
Ne crois pas cela.
BACCHIS, de même.
Bénis les Dieux!
Elle vit et respire.
MYRRHINE, à Socrate.
Et tu vas voir ses yeux
S'ouvrir à la clarté du ciel.
MÉLLITA, à Socrate.
Reprends courage,
Maître.
MYRRHINE, aux assistants, sans être entendue de Socrate.
Sa pâmoison vient d'un accès de rage.
L'évanouissement est réel; cependant,
Ne pas s'inquiéter sans mesure est prudent.
SOCRATE.
Secourez-la!
Source : Gutenberg

Théodore Faullain de Banville Socrate et sa femme

MYRRHINE.
Je te comprends.
SOCRATE.
Dracès apprit de moi comment
Notre âme vers le beau s'élève, éperdûment,
Et se rend la vertu docile et familière.
Ô Myrrhine, à ton tour deviens son écolière!
Si buvant longuement aux flots inépuisés,
Il t'enseigna jadis la douceur des baisers,
Il t'apprendra le noble orgueil, la sainte joie
De saisir, d'embrasser le vrai comme une proie,
Et de sentir en soi le doute évanoui.
Vis avec lui! Cherche avec lui! Pense avec lui!
Source : Gutenberg

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