Résumé

Portrait de Jules Soury Jules Soury Une fille de roi d’Égypte

En vain Cassandane, Atossa, Cambyse, tous les médecins et tous les mages de la cour, essaient de la rappeler à l’existence. Le roi imprime un long baiser, le premier et le dernier, sur les lèvres de l’agonisante, qui murmure encore son nom. On n’entend que le râle de la jeune fille et la voix basse de Nebenchari, le médecin égyptien, qui récite des versets du Livre des Morts : tout à coup il se penche à l’oreille de la fille du pharaon et lui crie : « Maudis ceux qui ont ravi à tes parens le trône et la vie ! »
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Portrait de Jules Soury Jules Soury Une fille de roi d’Égypte

« Me faut-il donc devenir infidèle aux dieux de ma patrie ? demande doucement l’Égyptienne. — Tu le peux et tu le dois, assure la mère de Cambyse ; l’épouse doit fermer son cœur aux croyances de sa première patrie, et n’avoir d’autres dieux que ceux de son époux. » Crésus est là d’ailleurs, qui explique fort bien, non sans attester Pythagore, génie familier à Nitétis, que le monde n’est pas plus régi par les dieux de l’Égypte que par ceux de la Grèce ou de la Perse, mais que la Divinité est une, quelque nom qu’on lui donne. C’est déjà un philosophe déiste que ce vieux roi de Lydie.
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Portrait de Jules Soury Jules Soury Une fille de roi d’Égypte

C’est pour élever ces immenses constructions, infiniment plus hautes que les pyramides d’Égypte, que les hommes pensent et méditent depuis des centaines de mille ans ; mais les faits innombrables et laborieusement rassemblés seraient demeurés stériles comme le chaos sans l’imagination créatrice du génie. C’est surtout à cet égard qu’on peut dire que l’homme de génie est la conscience vivante de l’humanité, le lieu où elle se révèle et contemple l’idéal de sa propre nature. L’esprit humain est ainsi fait, on ne le changera pas.
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