Pierre Louÿs,
Poésies. Premiers vers, Astarté Chrysis…
(1930)
“ Aurore qui grandit, crépuscule qui tombe. Sur mon être au linceul, déjà presque enterré, Les orgues rugiront du ciel : Dies Iroe ! Et les fleurs de mon lit me suivront sur la tombe. Non! Pas encor! Ce soir nous exalte en sursaut. Ferme sur toute moi, sur moi, ton bras qui tremble. Nos deux corps, nos deux coeurs, nos deux bouches ensemble. Àb! je vis !... Tout est chaud! Tout est chaud! Tout est chaud ! — Nul ne peut abolir que par un jour d'automne, Moi qui t'étreins ici, je ne t'aie emporté L'encens, la myrrhe et l'or de ta divinité, Le beau sang d'Aphrodite et le sang de Latone. ”
