Résumé

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Poésies. Premiers vers, Astarté Chrysis… (1930)

Aurore qui grandit, crépuscule qui tombe.
Sur mon être au linceul, déjà presque enterré, Les orgues rugiront du ciel : Dies Iroe !
Et les fleurs de mon lit me suivront sur la tombe.
Non! Pas encor! Ce soir nous exalte en sursaut.
Ferme sur toute moi, sur moi, ton bras qui tremble.
Nos deux corps, nos deux coeurs, nos deux bouches ensemble. Àb! je vis !... Tout est chaud! Tout est chaud! Tout est chaud !
— Nul ne peut abolir que par un jour d'automne, Moi qui t'étreins ici, je ne t'aie emporté L'encens, la myrrhe et l'or de ta divinité, Le beau sang d'Aphrodite et le sang de Latone.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Poésies. Premiers vers, Astarté Chrysis… (1930)

Il creusera la fosse à l'ombre d'un vieux arbre Près d'une source, où les nymphes d'eau souriront. Le soir, l'une viendra s'y défleurir le front, Et, tendre pour le Mort, couronnera son marbre.
Alors penchant les mains sur les joncs palpitants, Pan verra luire au ciel merveilleux des étangs Un pays pur de lune et de laiteux mystère;
Et la nuit sous les bois est de si triste argent Qu'il pensera rêver tout au coeur de la terre, L'âme, parmi des prés d'asphodèles, songeant.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Louÿs Pierre Louÿs Poésies. Premiers vers, Astarté Chrysis… (1930)

La nature amoureuse était pleine d'aurore Et berçait ma tristesse au rythme des grands flots.
La mer rose semblait, elle aussi, du complot; Sa tendresse m'était une souffrance encore, Et, quand l'Astre surgit de la plaine sonore, Le soleil de mon coeur sombrait dans Un sanglot.
Je pleurais, et la mer exultait, triomphante; Et tous les désespoirs que la douleur enfante Comme des cris d'oiseaux s'en allaient dans les vents.
Pourquoi tout cet amour, quand l'homme n'est que haine ? Pourquoi lés jeunes flots et les soleils levants Devant l'éternité de la misère humaine ?
Source : Gallica

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